D’A L L E H A G K E. Liv. XXV. Se ct. XíIL 573
sentirent alors la faute qu’ils avoient faite, en fe liguant avec Louis XIV; llijl. d'Aï-i!s voulurent la réparer; toutes leurs propositions de paix furent rejettées; lemagne,on ne leur répondit, qu’en faisant entrer des troupes • dans l’Electorat de ^491725-Cologne. Le Roi de France, pour indemniser son allié, d’un état qu’ilétoit menacé de perdre, lui fit céder les Pays-bas par Philippe V. La guer-re commença avec différens succès ; Keiserswerth, Liege & plusieurs au-tres places iè rendirent aux Hollandois &: leurs alliés, Trêves au Maréchal deTallard, Landau au Roi des Romains, & le Marquis de Villars qui faifoitreliai de ces talens qui consolèrent la vieilìeíîe de Louis XIV, remportaune victoire signalée fur le Margrave de Bade à Fridlingue : l’Electeurde Bavière ne demeura pas oisif; il entra dans la Suabe, & par les con-quêtes d’UIm & de Memmingen , "s’oúvrir une communication avec laFrance (1).
La campagne suivante offrit des événements plus funestes; le Comte iï°>de Tallard joignit fes troupes h celles de l’Electeur de Cologne, & forçala capitale de cet Electorat à gàrder, ou du moins à promettre la neutra-lité: en même temps des garnisons Françoifes entroient fans résistance dansles villes de Lorraine. L'Empereur avoit íçu, par des négociations sage-ment conduites, mettre dans íès intérêts & le Duc de Savoie, & le Roide Portugal ; il fçut même ranimer le courage de la Régence de Cologne,qu’une terreur panique avoit forcé à jurer de ne lui donner aucun secours.
Rhinberg fut pris & Bonn, la feule ville qui restât fidele à l’Electeur, neput résister à l’artillerie désastreuse des alliés commandés par Marlborough.
En France., on désespérait du succès de cette campagne, st les troupesFrançoifes ne fe joignoienc aux Bavarois. L’Elccteur étoit alors dans le Ti-rai: le-Général François - fut attaqué près de Mundcrkipgen , & triom-pha des Impériaux; Chrisliern de Brunswick-Hanovre, entraîné dans Ic-urdéroute,fe noya dans le Danube. Cette victoire ouvrit h Villars & h l’E-lecteur de Bavière un chemin libre pour fe joindre ; ils combinèrent leurs-opérations, & leur concert en asthra le succès: ils battirent le Comte deStyrum près de Donawerch : Brifac fe rendit au Duc de Bourgogne aprèstreize jours de tranchée ouverte: cette place pouvoit faire une plus longuerésistance ; Léopold crut que FEmpire avoit bc-foin d’un exemple, capable Sévérité dtd’effrayer tous les officiers lâches ou perfides, qui pourraient oublier leur LéopM.devoir; le Gouverneur eut la tête tranchée; le Comte de Marsigli, íbnLieutenant, fut dégradé des armes; supplice plus cruel que celui quiavoit terminé les jours du Gouverneur; il n’avoit fait.qu’obéir, mais lesjuges déclarèrent qu’il n’avoit pas dû signer la capitulation; qu’il avoit pul’empêcher, &, qu’en lui laissant la vie, l’Empereur lui faifoit grâce. Lepublic sut moins févere que fes juges; son.innocence fut reconnue,mais lasentence subsista; & le préjugé, qui en étoit une fuite néceslàire, ne futpoint effacé: cependant la mort d’un Gouverneur, le déshonneur de sonLieutenant, ne réparaient point les malheurs des alliés. Le Maréchal deTallard, Général d’un mérite médiocre, mais d’un orgueil excessif, qui'itmbloit conduit par cette fortune presque incroyable quï jusqu alors avoir
(1) Rijì, du Duc de Marllorovgh.
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