D’A L L E M A G N E. Liv. XXV. Se ct. XIII. 575
que la foiblefle de sa vue le trompe, soie qu’il soie emporté par la fougue i-Ust. d'Al-de son cheval, il se jette au milieu des escadrons Impériaux, & est pris; Iemagne,aucun de ses Lieutenants ne songe à le remplacer; personne ne commande, 16 49-r 70 ?.chacun songe à soi. Les troupes qui étoient dans le village de Bleinheimrestent dans une immobile stupidité ; elles pouvoient rétablir le combat &même rappeller la victoire ; mais il est des niomens de vertige où une na-tion s’oublie & perd son caractère ; vingt-huit bataillons, quatre escadrons,tous composés de soldats aguerris, d’officiers habiles, se laissent envelop-per dans ce village & rendent les armes fans combattre. Le Duc deBavière & le Maréchal de Martin Payant appris, firent leur retraite en lais-sant plus de la moitié de farinée Françoise & Bavaroise au pouvoir des Alliés,
& leur abandonnant la Suabe & la Bavière, poûr regagner avec peine lasbords du Rhin avec ses foibles restes. Telle fut cette bataille de Bleinheimou de Ilochstet, qui releva la fierté Autrichienne , abattit celle de LouisXIV, & fut l’époque où commenceront les malheurs de ce Prince que lafortune avoit toujours caresse.
L’Electeur de Bavière, qui prévoyoit quel alloit être le sort de ses Etats,fut allarmé pour son épousé & pour ses enfans; il leur manda de se réfu-gier h Ulm, la seule place qui fit encore une foible résistance ; mais une in-disposition arrêta PElectrice dans Memmingen : le Prince de Bade lui fitdire qu’elie n’avoit rien h craindre pour fa personne, que, quelque partqu’elle fût, son asyle seroit sacré ; il lui offrit même de l’appuyer de toutson crédit auprès de l’Empereur pour obtenir la grâce de son époux : ras-surée par ces promesiès, elle retourna à Munich. En effet elle dépêchaun député à Vienne, & bientôt les Ministres Impériaux vinrent lui présen-ter un traité, qui contenoit la ruine entiere de son époux: on avoit stipu- Traitédtlé qu’elle livreroit à Léopold toutes les places de Bavière, & toutes les ^conquêtes de l’Electeur dans le Tirol ; qu’elle congédieroit les milices, & p sreur ^'qu’elle seroit démolir les fortifications de Munich faites depuis quatre an-nées: on ne lui laiíîòit pour elle que cette ville & quatre cens gardes.
Elle frémit à la lecture de cet acte; les Ministres insistèrent; elle versa deslarmes; ils furent inflexibles, & elle signa enfin ce fatal traité. Tandisque cette Princesse infortunée souscrivoit à fa perte & à celle de son époux,
Ulm tomboit aux mains des Alliés ; le Duc de Marlborough se rendit maî-tre de Treves, le Prince héréditaire de HesTe-Caffel réduisoit la ville & lechâteau de Trarbach, & l’Electeur son époux avoit été forcé .de se réfugieren France: Léopold enflé de ces succès ordonnoit qu’on chassât de Ratis-bonne les Ministres de Cologne & de Bavière; mais les soldats Bavaroisqui gardoient les portes de la ville, menacèrent d’y mettre le feu si l’onfaifoit cet outrage aux repréfentans de leurs maîtres.
Laubanie reparoit dans Landau par une glorieuse défense la honte dontses compatriotes s’étoient couverts à Hochstet, & forçoit le Roi des Ro-mains, qui avoit pris le commandement de Parmée, à convenir, qu il y avoit'de la gloire à vaincre de pareils ennernis. Les éclats de bombe, en dis-persant du gravier de tous côtés, ôterent la vue h ce brave Commandant ;mais ils ne lui ôterent point les yeux de Pâme, cette prévoyance qui pres-sent les malheurs, cette présence d’esprit qui les répare; on le vit se à-