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40 (1778) La continuation de l'histoire de l'empire d'Allemagne, depuis la mort de l'empereur Conrad IV jusques à l'avénement de Josephe I au thrône de l'empire
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574 HISTOIRE DE LEMPIRE

Sect.XIU. semblé présider aux armes de Louis XIV, écrasa les forces des confédérésIlist ' d'AI- dans la plaine de Spire.

lemagne > Q n fe promettoic de relever dans la campagne suivante lhonneur des ar-1649170s- m£s impériales. Le Prince Eugene de Savoie, dont la cour de France se1704. répentoit davoir dédaigné les services, guerrier habile & profond, quelque-fois malheureux, toujours redoutable, qui essuya plus dun échec & necommit pas une faute, devoit à la tête de vingt-cinq mille hommes garderles lignes de Bihel & de Stolhoffen. (1) Le Prince de Bade avec .les trou-pes des Cercles ,& leDucáeMarlborough avec les Anglois & les Hollandoisdirigeoient leur marche vers la Bavière ; lun & lautre obéissoient & com-mandoient tour-à - tour, expédient singulier quon avoit imaginé pour pré-venir les effets de leur rivalité: ils forcèrent les lignes de Schellenberggardées par les Bavarois, firent plusieurs conquêtes; &, persuadés que cenétoit assez pour jetter la terreur dans lame de lElecteur, (tandis que lePrince de Bade affiégoit Ingolstadt avec une partie des troupes alliées,) ils luifirent des propositions de paix ; quil parut écouter, mais il ne vouloir quedonner aux François le temps de se joindre à lui; on sapperçut trop tardde son dessein: nonobstant les secours quil avoit reçus, on résolut denvenir à une bataille , & ce fut près de Bleinheim quelle se donna.

Larmée Françoise des Maréchaux de Marsin & Tallard (2) & celle duDuc de Bavière étoient campées fur un même front; la premiers avoit leDanube à fa droite; lautre sétendoit dans la plaine jusquaux montagnes:Bataille de ces ^ eiix arm ^ es étoient séparées par un grand espace. Chacune avoit sonBleinheim centre & ses ailes : Tállard avoit logé la plus grande partie de son infante-oudeHoá « rie dans le village de Bleinheim, le Duc de Bavière une partie de la sienneJlet. dans le village de Bolstadt; un ruisseau, dont les bords étoient maréca-geux , couvroit le front de ces deux armées. Les troupes des Alliés plus sa-gement disposées ne formoient quune seule armée, dont la droite étoitcommandée par le Prince Eugene, la gauche par le Général Churchil, frè-re du Duc, & le centre par le Duc de Marlborough. Une vive canonnadejetta le désordre dans faîle gauche des Alliés: mais bientôt ils reprirentleurs rangs; on sentit la nécessité dengager faction, & de ne pas laisser lessoldats exposés à une destruction inutile; la droite marcha aux Bavarois.Cinq charges successives ne purent rompre leurs rangs; ils prirent mêmedes canons, des drapeaux, des timbales, des soldats, & déjà lon entendoitde leur côté quelques cris de victoire, lorsque larmée du Maréchal deTallard commençoit à perdre tout espoir de vaincre. Après avoir reçu lesAnglois avec beaucoup de fermeté dans trois attaques, après avoir perdu& repris leurs rangs dans la quatrième, les François virent la cavalerie desAlliés souvrjr tout à coup & leur montrer au milieu delle dix-huit batail-lons quil s navoient pas apperçus & qui savançoient dans le plus bel or-dre ; alors ils passèrent de la surprise à la terreur ; la cavalerie fut renver-see sur ses propres lignes: à la faveur de cette confusion les Alliés parvin-rent à séparer laîle droite des ennemis de leur armée, & à se rendremaîtres dun terrein asièz vaste. Tallard accourt à toute bride ; mais, soit

( 1 ) Iiifl. du Prince Eugene. ( 2 ) Mém. de Feu%. Relations de la lat. de HochjìeU