574 HISTOIRE DE L’EMPIRE
Sect.XIU. semblé présider aux armes de Louis XIV, écrasa les forces des confédérésIlist ' d'AI- dans la plaine de Spire.
lemagne > Q n fe promettoic de relever dans la campagne suivante l’honneur des ar-1649170s- m£s impériales. Le Prince Eugene de Savoie, dont la cour de France se1704. répentoit d’avoir dédaigné les services, guerrier habile & profond, quelque-fois malheureux, toujours redoutable, qui essuya plus d’un échec & necommit pas une faute, devoit à la tête de vingt-cinq mille hommes garderles lignes de Bihel & de Stolhoffen. (1) Le Prince de Bade avec .les trou-pes des Cercles ,& leDucáeMarlborough avec les Anglois & les Hollandoisdirigeoient leur marche vers la Bavière ; l’un & l’autre obéissoient & com-mandoient tour-à - tour, expédient singulier qu’on avoit imaginé pour pré-venir les effets de leur rivalité: ils forcèrent les lignes de Schellenberggardées par les Bavarois, firent plusieurs conquêtes; &, persuadés que c’enétoit assez pour jetter la terreur dans l’ame de l’Electeur, (tandis que lePrince de Bade affiégoit Ingolstadt avec une partie des troupes alliées,) ils luifirent des propositions de paix ; qu’il parut écouter, mais il ne vouloir quedonner aux François le temps de se joindre à lui; on s’apperçut trop tardde son dessein: nonobstant les secours qu’il avoit reçus, on résolut d’envenir à une bataille , & ce fut près de Bleinheim qu’elle se donna.
L’armée Françoise des Maréchaux de Marsin & Tallard (2) & celle duDuc de Bavière étoient campées fur un même front; la premiers avoit leDanube à fa droite; l’autre s’étendoit dans la plaine jusqu’aux montagnes:Bataille de ces ^ eiix arm ^ es étoient séparées par un grand espace. Chacune avoit sonBleinheim centre & ses ailes : Tállard avoit logé la plus grande partie de son infante-oudeHoá « rie dans le village de Bleinheim, le Duc de Bavière une partie de la sienneJlet. dans le village de Bolstadt; un ruisseau, dont les bords étoient maréca-geux , couvroit le front de ces deux armées. Les troupes des Alliés plus sa-gement disposées ne formoient qu’une seule armée, dont la droite étoitcommandée par le Prince Eugene, la gauche par le Général Churchil, frè-re du Duc, & le centre par le Duc de Marlborough. Une vive canonnadejetta le désordre dans faîle gauche des Alliés: mais bientôt ils reprirentleurs rangs; on sentit la nécessité d’engager faction, & de ne pas laisser lessoldats exposés à une destruction inutile; la droite marcha aux Bavarois.Cinq charges successives ne purent rompre leurs rangs; ils prirent mêmedes canons, des drapeaux, des timbales, des soldats, & déjà l’on entendoitde leur côté quelques cris de victoire, lorsque l’armée du Maréchal deTallard commençoit à perdre tout espoir de vaincre. Après avoir reçu lesAnglois avec beaucoup de fermeté dans trois attaques, après avoir perdu& repris leurs rangs dans la quatrième, les François virent la cavalerie desAlliés s’ouvrjr tout à coup & leur montrer au milieu d’elle dix-huit batail-lons qu’il s n’avoient pas apperçus & qui s’avançoient dans le plus bel or-dre ; alors ils passèrent de la surprise à la terreur ; la cavalerie fut renver-see sur ses propres lignes: à la faveur de cette confusion les Alliés parvin-rent à séparer l’aîle droite des ennemis de leur armée, & à se rendremaîtres d’un terrein asièz vaste. Tallard accourt à toute bride ; mais, soit
( 1 ) Iiifl. du Prince Eugene. ( 2 ) Mém. de Feu%. Relations de la lat. de HochjìeU