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HISTOIRE DU ROYAUME
Sf.ct. IX.ílist. îlePologne,
1763-1774'
Conduitede l’Empe-reur Turcou milieude ces trou-bles.
."Désordresdans l'U-kraine.
Cracovieemportéed’ajsautpsr les Rus-ses,
de bataille : les rebelles tentèrent d’enlevcr le Prince Rcpnin, & cet Am-bassadeur fut contraint d’entourer son palais de troupes Ruílès & d’artillcrie.A Gnefne tout étoit en combustion; dans les campagnes, des partis Polo-nois & Ruílès s’entr’égorgeoient : les biens héréditaires du Roi étoient aupillage. E'Empereur Turc défendit aux Tartares de s’unir aux Confédérés;il déclara qu’il prendroit les moyens les plus sages pour rendre là paix à laPologne, pourvu que la Cour de Pétersbourg n’y influât point, surtout parla force. Au milieu de tous ces troubles on voyoit à Halitz des soldats mar-cher, comme les anciens croisés, portant une croix rouge fur leur poitrine& fur leurs habits, & précédés d’un drapeau, fur lequel on lifoit ces motsau bas de la Croix; âe-là dépend la Victoire. Tout retraçoit, en un mot,les siécles d’ignorance & de barbarie.
Peu s’en fallut qu’un léger combat entre deux petits corps de troupes nedevînt une guerre entre deux grands Empires. Weisman, Colonel RuíTe,battit le Comte Jsotocki, le poursuivit jusqu’cn Moldavie, & y entra lui-même: le Prince Moldave & le Pacha de Choczin lui repréfenterent, qu'enentrant sur les terres de PEmpereur U enfreignoit les traités; le vainqueurrépondit, qu’ils les avoient enfreints eux-mêmes en donnant un asyle au vain-cu. Le Prince Repnin prévint les fuites de cette affaire, en désavouant laconduite du Colonel. Dans l’état où fe trouvoit la Pologne, la nationreflèmbloit à une multitude de petits peuples, différens de noms, de loix& d’intérêts : chaque ville avoit fa ligue particulière ; il s’en forma une prèsde Cracovie. Un Officier demanda, si c’étoit contre le Roi qu’on tiroitle sabre? Non, répondit un des chefs, aujjï longtemps que S. M. fera denotre côté , nous ferons du f en. Ils entrerent dans Cracovie, résolus des’cmparcr des Caisses Royales & des revenus des Salines de Wieíicka : maisils respectèrent les jours & les biens des Diffidens de cette ville, qui futbientôt bloquée par les Ruílès.
La Révolte de l'Ukraine offroit un spectacle plus déplorable encore : lesGrecs non unis en étoient les auteurs; les Juifs & les Catholiques en furentles victimes: tout fut inondé de sang, tout fut couvert de cendres & deruines. On fe repentit alors d’avoir affermé cette province à d’avides Hé-breux , dont les exactions servirent de prétexte à ce soulèvement. En Polo-gne autres déíàstres; des troupes de brigands infestoient les grands chemins;les payíàns n’ofoient cultiver leurs terres; ils rentroient dans leurs cabanes,& bientôt le besoin & I’oisiveté les en faifoient sortir, pour piller les baga-ges des voyageurs: la famine fe faifoit sentir dans la contrée la plus fertiledu monde. Les environs de Bar & de Braclaw, le Paîatinat de Kiovie, laVolhinie, la Pocutie, la rouge & la petite Russie, le District de Kalisch,ceux de Pofnanie & de Wieíow, les Palatinats de Sendomir, de Siradic, deRawa & de Cracovie, n’offroient que le tableau de la dévastation. Enfin
Cracovie sot emportée d’aílàut: quelques Confédérés fe défendirent encore,
retranchés■ dans la maison des Jésuites: mais il fallut mettre bas les armes; &le Général Apraxin préserva la ville de l'incendie & du pillage. Les rebelles& les Russes, dans leurs marches, dans leurs retraites, franchissoient sou-vent les frontières de Turquie. Mustapha III envoya une armée vers les
confins de la Pologne & de la Russie : il eut loin de déclarer , qu’il ne