DE P O L O G N E, Liv. XXVIII. Sect. IX. m
vouloir point troubler la paix, mais seulement mettre ses Etats h l’abri detoute invasion.
La Lithuanie avoir été tranquille jusqu’alors: elle cesse de letre; trois Con-fédérations s’y formèrent à la fois; la plupart des Diíïïdens s’enfuirent enPrusse; mais les trois partis ayant été battus par les Russes, ces factieuxchercherent un asyle dans le Duché de Courlande, & la Lithuanie demeurapresque déserte. Le nouveau Pacha de Choczin promettoit aux Catholiquesune protection respectable : en osier on faifoit des préparatifs à Constantino-ple; on accumuloit des provisions; on faifoit fondre des canons, & la villeétoit remplie de gens armés, qui préludoient à la guerre par des rixes &des pillages. Le Pacha de Choczin donnoit asyle aux Confédérés ; il leuravoit même abandonné un territoire inculte. Le Comte Branicki réclamaces transfuges; le Turc allégua l’Alcoran, qui fait de fhofpitalité le pre-mier devoir de f homme. On le préparoit à tenir une Dietce générale ; elleétoit indiquée. Catherine II menaçoit de toute íâ colore ceux qui s’oppofe-roient aux résolutions de cette assemblée: mais on ne put parvenir même àélire dans les Dietrines le nombre de Nonces compétent. Ces assembléesAnti-comitales ne servirent qu’à diviser davantage les esprits. II se forma uneConfédération qui allégua cet absurde motif, que le Prince Primat aimoitmieux célébrer .la messe dans une chapelle du palais de Saxe, que dans uneéglise publique : tant les circonstances les plus légeres font importantes dansles guerres civiles! II ne faut pas omettre un fait remarquable & consolantpour l’humanité, c’est que, pendant que la République se déchirait de sespropres mains, que le cri de guerre retentissent, & que deux grandes Puis-sances aboient se disputer les débris de cet Etat malheureux, le ComteOginski, pour faciliter la circulation du commerce, employoit à ses fraismille bras à creuser un Canal qui joignît le Niémen & le Przipiecz, &formât une communication entre la mer Baltique & la mer Noire.
Cependant on apprend que PAmbasseideur de Russie, & celui qui devoirlui succéder, font arrêtés à Constantinople; & bientôt on voir paraître un ma-nifeste, par lequel Mustapha III déclare la guerre à Catherine II. StanislasAuguste y est traité avec le mépris le plus injurieux : il y est dit „ que„ la Cour de Russie ayant établi pour Roi, par force &jpar violence, un,, simple Officier Polonoìs, qui, de son origine, n’a jamais eu aucun Roi„ dans fa famille, & à qui la Royauté ne convenois pas , elle s'est ingérée„ dans toutes les affaires des Polonois, & les a traversées, contre le gré de„ la République . ” LTmpératrice répondit h ce manifeste par un écrit, oùelle justifioit entierement fa conduite , & sinisibit aussi par lui déclarer laguerre. Ce qu’il -y a de singulier, c’est que par Fenchaînement des circons-tances, le Grand Turc devint le protecteur de la Religion Catholique, lors-que la Cour de Rome gardoit le silence. On vit éclorre aussitôt de nouvellesConfédérations ; le Prince Lubomirski ne balança point à déclarer, qu’ilavoit conclu un traité d’alliance avec la Porte : une autre ligue affranchit lesP° onois de tout impôt, & s’adjugea les caisses publiques ; celle de Bar,oo â eule autorité, céda la Volhinie & la Podolie au Sultan & à fes suc-cet.eurs perpétuité : en même temps les Confédérés fe répandirent dans lescampagnes, pillant, brûlant, saccageant, violant, & criant Patrie, Rcli-
Hìfl. de
Pologne,I76Z-I774'
Zúe patrio-tique duComteOginski »
Guerre dé-clarée entrela Porte £?la Rujfte .