?,1*CT. II.Bill. dePrusse.
SS7-i5Zr-
Vengeance
Héroïsmed'une mere.
1274.
Le s peuplesse soumet-tent à la foi.
Us apojla-Jìent encore.
166 II I S T O ï R E DU ROYAUME
lances des afllégeans ; le reste fut brûlé : il fut versé tant de sang Chrétien quele fleuve voisin en fut rougi (1).
Le Grand-maît-re & les Chevaliers indignés de tant de cruautés , rafíèm-blerent toutes leurs forces, entrerent dans la Pogéfanîe, firent couler à leurtour le sang infidèle, livrerent aux flammes tout ce qu’ils ne purent point em-porter ; malheureuses contrées, qui se voyoient également tourmentées & parceux qui les attaquoient & par ceux qui les désendoient; tantôt par leurs pro-pres habitans & tantôt par leurs ennemis ! Les Sudoviens indignés que les 13 ar-che s , les Warmiens & les autres Prussiens se fuflènt soumis, se rassemblent,attaquent une seconde fois le château de Bartenstein & le brûlent. Bientôt aprèsles Sudoviens, les Nadroviens,ies Sclavons vinrent assiéger ie château de Ba-íèlida près de Barthenstcin; là résidoit Nome da, veuve de Posdraupts: ,, je„ maudis le jour où je vous ai donné la vie”, dit-eìle à ses enfans, „ puis-„ que ; vous craignez de la sacrifier pour le salut de votre patrie.” Leur cou-rage enflammé par ce reproche, l’aîné se mit à la tête des citoyens; deux milleennemis font immolés ôdesChevaliers rebâtirent le château de Barthenstcin (2).
Les Pogéfans, les Warmiens, les Nattanges, les Barthes & les Sambicns,©u du moins ce qui restoit de ces peuples, s’étoicnt réunis à f église & sou-mis au joug des-Chevaliers : il restoit à soumettre une partie des Nadroviens ;mais aussitôt que Tirsko, pere de Mandolon, Châtelain de Wilau, íé futsoumis, les plus puiflàns d’entre les Nadroviens -imitèrent son exemple : lereste fut aisé à conquérir ; les Chevaliers, le fer & le feu à la main, enire-rent fur le territoire de Rethaw, Pincendierent & s’emparerent du château,après en avoir égorgé la garnison : quelques autres châteaux eurent le mê-me fort. (3) La Nadravie soumise, les Chevaliers tournèrent leurs armes'contre les Sclavons: ils embrasèrent les deux rives de la Memel; ils parcou-rurent cette malheureuse terre en incendiaires & l’arroserent du -sang de seshabitans. Après ces dévastations elle resta inculte & déserte pendant plu-sieurs années. (4) Mais qu’il est difficile de détruire d anciens préjugés,autrement que par la douceur & la persuasion ! Malgré tout le sang qui avoiccoulé jusques alors, tous le-s peuples.de la Pruflè, excepté les Pomésans &quelques familles, revinrent à leurs anciens Dieux: ( 5 ) les -Pogéfans leverentPéte-ndai-d de la révolte ; ils surprirent les châteaux d’Elbing & de Christ-bourg,en enlevèrent les Còmmandans & les autres Chevaliers qui furent ce-pendant délivrés, pendirent le Chapelain à un arbre, & le reste put à pei-ne échapper : les -Chevaliers livrerent enfin au seu, eu pillage & à la capti-vité la Pogésanie & en firent une solitude.
Les Sudoviens firent plusieurs incursions fur le territoire de Culrn ; maiscomme ils vinrent en petit nombre, les Chevaliers les détruisirent fans pei-ne. Scuman leur chef y conduisit une armée de 4000 hommes. II vengeacruellement ses compatriotes: ils forcerent la garnison du château de Pollo-wist fur le fleuve Oflà à capituler: une des conditions fut qu’elle donneroitdeux hommes intelligens qui serviroient de guides à Parmes des Sudoviens
(1) Pu.'b. Chr. Pr. cap. 165. (2) Dusb. Henneh, in Tab. Prujs. (z) Dusb, a ctfasjo ad c.ap, 174. (4) Id. a cap. 175 ed cap. lLZ- (z) id. cap. 184.