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HISTOIRE DE L’EMPIRE
triomphedes deuxautres.
Sect. IV. gérés: ils rassemblèrent leurs compatriotes, leur repréfenterent que la Cou-Hist. de ronne de Russie ne pouvoit appartenir qu’à un Ruílè, que les loix, ou plu-Ru ® e * ^ tôt les usages ne permettoient pas même au Czar de choisir une épouse hors159-1 g ’ de ses Etats, que les Suédois avoient été leurs ennemis, que les PolonoisTroisième n’avoient jamais celle de l’être, que la concurrence dureroit longtemps &faôikn,qui épuìseroit ce qui restoit de simg & d’or en Russie, que l’une ou l’autre do-tnrm">ho m i nat; i on feroit dure & odieuse, qu'il falloit élire un Ruílè pour ôter toutespoir à ces compétiteurs. II leur proposa de placer la Couronne sur la tête deMichel Théodorowitz Romanow : il étoit fils de Théodore ou Philarete Ni-kititz Romanow, depuis Archevêque de Roílow, alors prisonnier en Pologne,* & d’une fille d’Iwari Basilewitz. Boris avoit forcé cette Princesse à prendrele voile dans un monastère d’Uglitz, nommé Castroma : son fils y vivoic avecelle dans une heureuse obscurité, oubliant son illustre origine, sans désirs,fans allarmes, & mettant toute fa gloire à essuyer les larmes de fa mere. Toutà coup les portes de cette retraite sacrée font ouvertes; des boyards entrent,í’e précipitent h fes pieds & lui annoncent qu’il est appellé au trône ; les voû-tes de ce temple, dont le silence jufqu’alors n’avoit été troublé que par descantiques pieux, retentissent de ces cris : „ Vive le Czar Michel Théodoro-„ witz ! " Le jeune Prince pâlit ; il voit le trône ; il volt le précipice : fa mereembrasse les genoux des députés, & les conjure de ne pas lui arrracher sonfils, pour l’élever dans un rang si fatal à ceux qui Pont occupé: il fallut,pour vaincre fa résistance, qu’un Evêque Ruílè lui assurât que Dieu lui avoitrévélé, que cette élection étoit conforme aux vues de fa Providence. Unevision supposée fit plus d’impression fur elle, que l’incérêt de l’Etat & celui1613. âe son fils. Ainsi, cette Couronne que tant de Princes & d’itnposteurs avoientvoulu arracher, pour laquelle ils avoient prodigué tant de sang & de riches-ses, tomba (fi nous pouvons nous exprimer ainsi) fur la tête d’un enfant,qui n’y fongeoit pas. Michel n’avoit que 15 à 17 ans: il étoit lans expérien-ce & fans lumières, mais non pas fans vertus. On lui donna un conseil:quelquefois les vieillards en ont besoin ; un jeune Prince ne peut s’en passer.On ne sçait si on eut la précaution de lui faire signer une capitulation ; ce qu’il y a decertain, c’est que, dans toutes ces révolutions , où l’on porta successivementfur le trône des hommes qui se seroient estimés heureux de l’acheter d’unepartie de leur autorité, on manqua Poccaíion de changer la constitution del’Etat, d’abolir le despotisme, & de rendre aux hommes cette liberté primi-tive, contre laquelle on ne peut prescrire par plusieurs ficelés d’escla-vage. Les Polonois évacuèrent bientôt la Russie ; les -fers du pere de Michelifìz 7 . furent brisés: les Suédois retournèrent dans leur patrie; on conclud avecPaix avec eux une paix, ou treve de quarante ans. On leur céda Kexholm, Note-la Suede. bourg, Iwanogorod, Jamagorod, & Copario, avec leurs districts. La Rus-sie fe laissa enlever ainsi i a communication avec la mer Baltique, qu’elie avoitrecouvrée par des invasions successives : au reste, en perdant cet avantage,elle ne perdit rien, puisqu’elle n’en saisoic aucun usage, & qu’elle étoit sansmarine, fans commerce & íans arts.
Les Polonois avoient disparu ; mais la paix n’étoit point faite avec eux. Uladislasne voyoit pas lans envie son heureux rival jouir d’un rang q ni ne lui avoit coûtéI8 ‘ ni efforts ni périls: il persuada à la République qu’il y alloit de sa gloire defaire encore une tentative en fa saveur. On lui íkrisia les Cosaques, milice