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IvJUI I îyJHerre sontproclamésC'zars ; So-phie efl Ré-gente.
ara HISTOIRE DE V E M P I R E
„ de se plaindre, leur donna des récompenses, pour lui avoir rapporte le„ corps sanglant de ion fils. Sa femme, ses filles, & réponse du mort, en„ pleurs, lui reprochèrent fa foibleíse. Attendons le temps de la vengeance,„ leur dit le vieillard. Quelques Strélitz entendirent ces paroles, ils ren-„ trent furieux dans la chambre, trament le pere par les cheveux, & l’égor-,, gent à la porte de fa maison. O autres Strélitz vont chercher partout le„ médecin Hollandois; ils rencontrent son fils & lui demandent où est soli,, pere? Le jeune homme., en tremblant, répond qu’il l’ignore, &, fur„ cette réponse il cil égorgé: ils trouvent un autre médecin Allemand: tu„ es médecin , lui disent-ib; fi tu n as pas empoisonné notre Maître Théo-„ dore, tu en as empoisonné d > autres.; tu mérites bien la mort:" & ils„ le tuent. Enfin ils .trouvent le Hollandois qu’ils cherchoient; il s’étoát„ déguisé cn mendiant; ils le traînent devant le palais; les autres Princesses,„ qui aimoient le bon homme,& qui avoient confiance en lui, demandent fa„ grâce aux Strélitz, en les aííùrant qu’il eíl un fort bon médecin, & qu’il,, a très bien traité leur frere Théodore: les Strélitz répondent que non íèu-„ lement il mérite la mort, comme médecin, mais comme sorcier, & qu’ils„ ont trouvé chez lui un grand crapaud séché & une peau de serpent : ils„ ajoutent qu’il leur faut absolument livrer le jeune Ivvan Nari-kin, qu’ils,, chefchent envain depuis deux jours, qu’il est sûrement caché dans le pa-„ lais, qu’ils y mettront le feu, si on ne leur donne leur victime.- La sœur„ d’Iwan Nariskin & les autres Princesses vont dans la retraite où Ivvan Naris-„ kin est caché; le Patriarche le confesse, lui donne le viatique & I’extréme„ onction; après quoi il prend une image de la Vierge qui paííòit pour mira-„ culeufe; il mene par la main le jeune homme & s avance aux Strélitz cn,, leur présentant l’jmage de la Vierge. Les Princesses cn larmes entourent„ Nariskin, se mettent h genoux devant les soldats, les conjurent au nom„ de la Vierge, d’accorder la vie h leur parent ; mais les soldats l’arrachenc„ des mains des Princesses, ils le traînent au bas de l’escalier avec Van Gaden.„ Alors ils forment entre eux une efpece de tribunal: ils appliquent h la,, question Nariskin & le médecin. Un d’entre eux, qui íçavoit écrire,„ dresse un procès verbal : ils condamnent ses deux infortunés à être hachésen pieces; c’est un supplice usité à la Chine & en Tartarie, pour les par-„ ricides : on l’appelle 1e supplice des dix mille morceaux. Après avoir ainsi„ traité Nariskin & Van Gaden, ils exposent leurs têtes,leurs pieds, «Sc leurs„ mains, fur ses pointes de fer d’une balustrade; pendant qu’ils alTòuvillòient„ leur fureur aux yeux des Princesses, d’autres maílacroient tous ceux qui„ leur étoient odieux, ou suspects à Sophie. Cette exécution horrible finir;, par proclamer Souverains les deux Princes Ivvan & Pierre, en leur asso-„ dant leur sœur Sophie en qualité de Co-régentc. Alors elle approuva tous„ leurs crimes & les récompensa, confifca ses biens des proscrits, & les„ donna aux assassins ; elle leur permit même d’élever un monument, fur,, lequel ils firent graver ses noms de ceux qu’ils avoient massacres, comme, traîtres à la patrie ; elle leur donna enfin des lettres patentes, par lesquelleselle ses remercioit de leur zele & de leur fidélité.”
II ne manqua à la Princesse Sophie que le titre de Souveraine ; elle enzvoit i’autorité, elle en avoir aulsi les ralens» Tous les édits furent dictés &
signés