D E RUSSIE, Liv. XXX. Sect. V. a p 3
dé splendeur, auquel elle est parvenue depuis : „ elle s’éseve (i) s ur le„ Golphe de Croustade, au rnilieu de neuf bras de rivières, qui divisent ses„ quartiers ; un château inexpugnable occupe le centre de la villedans une„ isle formée par le grand cours de la Néwa: sept canaux, tirés des rivie-„ res, baignent les murs d’un palais, ceux de l’amirauté, du chantier des„ galères, & plusieurs manufactures : trcnte-cinq grandes églises sont autant„ d’orncmens à la ville; &, parmi ces églises, il y en a cinq pour les étran-gérs, soit Catholiques-Ilomains, soit Réformés, soit Luthériens: ce font„ cinq temples élevés à la Tolérance, & autant d’exemples donnés aux na-„ dons. 11 y a cinq palais; l’ancien, qu’on nomme celui d été, situé fur„ la rivicre de Néwa, est bordé d’une balustrade immense de belles pierres,„ tout le long du rivage : le nouveau palais d’été, près de la porte triom-„ phale, est un des plus beaux morceaux d’architecture, qui soient dans„ l’Europe; les bâcimens élevés pour l’amirauté, pour le corps des cadets,,, pour les colleges Impériaux, pour Facadémie des sciénees, la bourse, se„ magasin des marchandises, celui des galères, font autant de monumens„ magnifiques: la maison de police , celle de la pharmacie publique, ou.„ tous les vases sont de porcelaine;, le magasin pour la cour, la fonderie,„ f arsenal, le» ponts, les marchés, les places, les casernes pour la garde à,, cheval & pour les gardes à pied, contribuent à l'embellifiement de la vil-„ 1 e, autant qu’à fa sûreté. Aux environs de la ville sont des maisons do„ plaisance, dont la magnificence étonne ses voyageurs; il y en a une dont„ les jets d’eau font très supérieurs à ceux de Versailles: il n’y avoit rien,, en 170a, c’étoit un marais impraticable. ”
L'activi té de Pierre n’étoit pas moins surprenante que ses entreprises ilpart, bat-un parti Suédois, court à Olonitz, fait construire de petits vais-seaux , & revient à St, Petéfsbourg avec cette flotille, fur une frégate com-mandée par lui-même : íidele allié, monarque économe, il envoie à FrédéricAuguste des hommes & de l’argent, dans le temps où il fonde une ville ,construit des vaisseaux, éleve des manufactures, & soutient une guerre: ilsemble se multiplier; partout où il y a des chantiers, des atteliers, danstous les lieux qu’il veut qu’on fortifie, ou qu’on répare, on le voit paroitreau moment où on ne l’attend pas, punir les négligences, animer & récom-penser le zele, indiquer ses fautes qu’on a faites & leurs remedes, réformerlui-même & perfectionner ses plans. À Molcow il donne des loix, changel’administration des finances, établit un nouvel ordre, & aeheve d’anéantirles préjugés. La Porte se plaint de ses préparatifs, des forteresses, dont ilcouvre ses frontières; il répond qu il sfì le maître dam ses Etats , ctnnme-le Grand Seigneur dans les Jìens , & que ce nefì point enfreindre la paix,que de rendre la Rufjìe refpe&able. (2) Une flotille Suédoise entra dans le.lac Peipus ; elle fut prise toute entiere par les demi-galeres : ce succès déter-mina 1 e Czar au siégé de Narva. Les troupes reparurent donc fous ces murs,théâtre de leur honte, qui devint celui de leur gloire: on affiege Derbst enmême temps. Pierre va. de l’un à l’autre camp, preste les travaux,, dirigé
(1) Volt. defcrìpt. de la tin [f. dans l'hìli. de Pierre. (2) Combien sTEtacs qyL-
dàns des circonstances pareilles, ponrroient faire la même réponse!
Oo 3.
Hijl. dsRussie,sous Pierrele Grand.
Descriptionde Petets-bourg.
/tHivkè du*Czir.
1704,.