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42 (1780) La continuation de l'histoire du royaume de Pologne, l'histoire du royaume de Prusse, celle de l'empire de Russie et les cinq premières sections de l'histoire du royaume de Suède
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344 I! Ï,S TOIRE. DE L’EMPIRE

5 f,ct. VI. son éloignement étoit favorable à la révolution qu’on méditoit ; on traça lefjïft. de p] an d u nouveau gouvernement; on forgea à loisir des fers pour la nouvelleKuslie, Souveraine : tous les coopérateurs de ce grand ouvrage firent ferment de nejusqu’à^nos point donner à la Princeílë aucun avis, qui pût lui faire soupçonner les def-jours. ' feins du haut conseil: la mort devoit être le châtiment de f indiscret, qui

-oferoit la prévenir de la résolution de rassemblée : elle en fut cependant aver-

shnehva- t j e p ar j c Comte Jagousinski, qui lui dépêcha son Aide de camp Samoro-déríaréelm- kow. Ainsi Anne n'ignora point qu’on devoit lui faire signer une capitulation,pératrice .' portant en substance ; i°. qu’clle ne regneroit que par les délibérations duCcnditiíhï, Haut conseil ; a», qu’elle ne fcroít ni la guerre ni la paix; Z», quelle nequ\on -muì níet troit aucun nouvel impôt & ne denneroit aucune charge importante; 4°.tui mpojer. ^'olle n e puniroit aucun gentilhomme qu’après un mûr examen, un longprocès, & une conviction parfaite de son crime; 5 0 . qu’elle ne pourroit con-fisquer le bien d’aucun de fes sujets ; 6°. qu’elle ne pourroit diípofer des ter-res appartenantes à la Couronne, ni les aliéner; 7°. qu’elle ne pourroit fsmarier, ni fe choisir un fuccesièur, fans l'agrément du haut conseil. Annevit bientôt arriver trois députés, qui lui apportoient une couronne & des chaî-nes : c’étoicnt le Prince Wafileï-Loukitfch Dolgorouki au nom du Haut con-seil, le Prince Michel Gallitzin de la part du Sénat, & le Général Leon-tew représentant la Nobleslè. Anne ne parut point interdite à la lecture dela capitulation, qu’on lui présentoir : ce n’étoit pas qu’elle ne vît toutes lesfuites de cette révolution, le pouvoir républicain substitué au despotisme,le chef de l’Etat esclave dans son palais, les finances en proie à l’avidicé desmembres du Conseil, & la Russie enfin réduite à la nécessité d’engraiílèr centtyrans, au lieu d’un : mais tout en semblant ne pas remarquer qu’on lui mit desJnne sein t entraves, Anne méditoit les moyens de s’en affranchir ; elle paroiffoit tant éblouieíepter. aC ' P ar Ecclat de son nouveau rang, qu’on ne la croyoit pas prendre garde au piegequ’on lui tendoit} elle signa tout, s’engagea de ne point permettre l’entréede la Russie au Comte de Biron son favori. Jamais on n’avoit montré plus decondescendance, elle n'éleva pas feulement fa voix en faveur du Comte Ja-gousinski & de son aide de camp Samorokow, qu’on traîna à Mofcow char-gés de fers : mais autant elle avoir paru indolente & timide à Mittaw, autant elleétoit ferme & impérieuse à Mofcow. Le Chancelier veut la haranguer; elleElle tra- lui impose silence : le Haut conseil lui présente le cordon de l’Ordre de Sainttaille á dé- André ; elle s’en revêtit foi-mêmé, en disant, il eft vrai , s ai oublié de me lenouvelle mettre \ elle dispose d’un emploi militaire en faveur d’un de fes païens; &ferme de l’on volt arriver à Mofcow ce favori, l’objet de l’envie & de la terreur desgouverne- grands: en même temps elle prodiguoit les largestës à fes gardes, femoit lament- division parmi les membres du Haut conseil, allarmoit la petite Noblesse furles projets ambitieux de ce corps tyrannique, qui ai’píroit à envahir toutes les\ charges & toutes les richesies, & persuadent aux membres du Conseil & duSénat, que les Dolgorouki, en paroisiànt travailler pour la liberté de la patrie,n’avoiem en effet travaillé que pour eux-memes. II fe forma aussitôt uneconspiration presque générale en faveur de l’impératrice. Six cents gentils-hommes, ayant à leur tête les Princes Troubenkcy, Baratin:ki & Czerkaski,fe rendirent au palais & demanderent audience : Anne étoit bien loin de laleur refuser ; le Haut Conseil & le Sénat eurent ordre de s’y rendre; & lors-que