DE RUSSIE, Liv. XXX. S'sct. VI.
volontiers à ce que lui suggéra son favori, songea a se donner un successeur:elle adopta sa niece, fille de Charles Léopold Duc de Mecklenbourg, & de siisœur Catherine Iwanowna. Elle lui fit embrasser la religion Russe, & changeal'on nom de Catherine en celui d’Anne. Elle n’avoit que douze ans,&, quoi-que la puberté soit tardive dans ces climats, on voulut la marier: on jettales yeux fur le Margrave Charles de Pruílè ; mais la Cour de Vienne traversacette alliance, & proposa le Prince Antoine Ulric Duc de Brunswic Bevcrn& il fut accepté. Ce ne fut que deux ans après, qu’il parut en Russe: 011fit prêter serment aux Ruíles, de rcconnoître pour íuccesièur légitime, celuiou celle que ì’Impératrice appellèroic au trône après elle; mais pouvoit-oncompter fur un serment prononcé à la vue des garnisons armées, & du canonplacé dans les rues ? E'Impératrice oublioit elle-même celui, par lequel elles’étoit obligée à gouverner avec douceur: elle voulut forcer la Princeílè Eli-sabeth h prendre le voile, pareeque íòs justes prétentions pouvoienc troublerFordrc de succession établi par Anne:este exila le Général Romanzow, par-cequ’il avoit été modeste, & qu’il s’étoit rendu justice : elle lui offrit la di-rection des finances; il la refusa,en avouant qu’il n’avoit pas aíîèz de talenspour cette place, qu’il íçavoit se servir d’une épée, mais non pas d’une plu-me: ce refus prouvoit au moins son désitéreffement : il mérita des éloges; sonexil en fut le prix. De Fick,Conseiller d’Etat, étoit ami du Prince DémétriGallitzin & ennemi déclaré de Biron: on lui fit un crime de son amitié &de sa haine: il sut relégué en Sibérie: l’Amirai Si vers le fut en Finlande,pour avoir différé de quelques momens de prêter le nouveau ferment de fidé-lité, parce qu’il ignorait la révolution, dont Moscow avoit été 1 c théâtre.Ainsi elle se priva de trois hommes qui avoient bien servi l’Etat,' le premierdans les armées de terre, le second dans le conseil, le troisième dans les ar-mées navales : par Une contradiction non moins étonnante, elle rappella lesMentzicoff qui l’avoient persécutée pendant le régné de Catherine.
Le choix qu’elle fit du Comte de Munich, pour régler tout ce qui con-cernoic la guerre, répara le tort qu’elle s’étoit fiait à elle-même par l’exil deRomanzow : ce Général mit la derniere main à l’ouvrage de Pierre I & per-fectionna la discipline militaire: on avoit déja appelle qhelques soldats Prus-siens, dont l’excmplc & les leçons avoient fait peu d’imprcflion fur des lé-gions grossières, indociles & mal-adroites ; mais le despotisme éclairé duComte de Munich cn fit au moins des machines promptes à céder à Finipul-íìon du ressort principal. On sonna un corps de cadets nationaux & étran-gers , efpece d’école militaire, supérieure à celle que Louis XIV établit àCivet, & comparable h celle que Loûis XV érigea près de fa capitale: cesélèves devinrent les meilleurs officiers de 1 armée. Cette éducation publique& militaire eut plus de succès à St. Perersbourg, qu’elle n’en a eu dans d’au-tres Etats, où l’on s’est empressé de l’imiter. Les gages des officiers Rusiès,si toutefois ou peut appeller gages le prix du sang & de la valeur, surentaugmentés: les soldats étrangers recevoient une paye beaucoup plus forte quecelle des nationaux, & 1 a paye que recevoient ceux-ci étoit plus fossile en-
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jusqu’à llOS
jours.
Sage ailmúniïirationdu Comtedt Munich,
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