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42 (1780) La continuation de l'histoire du royaume de Pologne, l'histoire du royaume de Prusse, celle de l'empire de Russie et les cinq premières sections de l'histoire du royaume de Suède
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Sect. VI.flift. deRussie,1725.

jusqu’à nosjours.

Traité deCommerceentre laRuJJie £? leDannemarc.

1 733.

1734*

348 HISTOIRE DE L’EMPIRe

deur aux auxiliaires. Le Comte de Munich fit ceíìèr cette injustice, quePierre I n’avoit point apperçue, ou plutôt qu’il avoit oublié de réformer:cependant ce ne fut point en diminuant la solde des étrangers, mais en augmen-tant celle des nationaux , qu’il établit entre eux une juste égalité. DesIngénieurs & des Généraux parcoururent les provinces, examinerent l’étatdes villes, des garnisons, les progrès de la discipline & de l’art militaire, &entretinrent parmi les Colonels une noble émulation, & une vigilance perpé-tuelle fur leurs soldats & fur eux-mêmes.

Anne tourna auíst lès regards fur le Commerce : la mésintelligence entreles Cours de Copenhague & de St. Petersbourg étoit un obstacle h fes pro-grès ; cette haine s éteignit enfin par un traité, par lequel lé Roi de Danne-marc accorda à la Souveraine des Iluflès, le titre d’Impératrice qu’il lui avpitrefusé jusqu’alors. Anne s’obligeoit h la garantie de tous les Etats de sonnouvel allié , & on arrêta entre leurs sujets réciproques une liberté en-tiere de trafiquer ensemble. On conclut vers le même tems une allianceavec la Chine ; jusques à ce ' teins les affaires de cette cour n’avoientété réglées que fur les frontières de la Sibérie, avec le Gouverneur de cetteprovince, & jamais les Chinois ne vinrent jufqu’à St. Petersbourg, ou h Mof-cow. Anne en reçut à fa Cour une Ambaíïàde folemnelle, la premiere quivint "en Europe. Elle entama une négociation avec la Cour d’Ifpahan ; lesprovinces cédées par le Sophi de Perlé lui furent restituées: ces conquêtesonéreuses à l’Empire ne lui rapportoient rien : leur conservation avoit coûtédes sommes immenses ; & pendant l’efpace de dix années cent trente milleRusses avoient péri dans ces climats, pour lesquels ils n’étoient point nés.Anne n’avoit point encore fait l’essai de fes armes : la vigilance du Comte deMunich, le choix des généraux, le zele des officiers, la docilité des soldats,tout fembloit promettre une victoire pour le premier combat; mais cet espoirne fut pas rempli: les Tartares de Crimée n’ayant pu obtenir le paflkge furles frontières de Russie, voulurent le forcer ; 011 en vint aux mains : les Rus-ses furent vaincus: défaite qui n’eut rien d’ignominieux. Les Ilustès ne seretirerent qu’après une résistance longue & meurtrière : ils n’étoient que qua-tre mille, & ils étoient enveloppés par vingt-cinq mille Tartares.

La Pologne offrit une carrière plus belle au courage des Ruílès. Frédé-ric Auguste II étoit mort. Frédéric Auguste III son fils fut élu par une fac-tion puiflànte; un autre parti rappella Stanislas Leszinski (1)- La Russiefe déclara pour le Prince Saxon, & le fit triompher ; nous ne rappelleronspas ici toutes les intrigues de la cour de France, le siégé de Dantzic, lafuite & les malheurs de Stanislas, les succès du Comte de Munich, qui crutque cette expédition méritoit fa présence & pouvoit ajouter à fa gloire. Fré-déric Auguste fut enfin reconnu par fes ennemis même, & la Cour de Pe-tersbourg commença k avoir fur la République de Pologne cette influence,qui n’a fait qu’augmenter depuis.

La Suede & la Russie renouvelleront leur traité d’alliance; il falloit le rap-pelles souvent k deux nations si longtemps ennemies, pour étouffer des semen-ces de discorde toujours prêtes k renaître: cette alliance ressembloit fort à

(O Voyez supra p. 88. &c.