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DE RUSSIE, Liv. XXX. Sec r. VI. 349
ces égards que fe témoignent deux courtisons, qui ne cherchent que l’occa- rrn aíion de fe nuire. La bonne intelligence des deux Souverains n’essaçoit pas lluffie,de l’efprit des peuples, le souvenir de tant de cruautés réciproques, contrai- ' 1725.res aux loix de la guerre & à celles de l'honneur: quatre années après, on Ì u so u ’à"nosvit encore un effet de ces haines nationales ; un officier Suédois fut arrêté ] ° Jra ~contre la foi publique par. des Russes ; il étoit chargé de dépêches impor-tantes; on les lui enleva ; il fut égorgé. La Cour de Stockholm demandajustice, & répandit des. manifestes, où cet attentat étoit peint avec toutei horreur, qu il pouvoit inspirer. L'Impératrice fe justifia par d’autres écrits.
Un Souverainn’est certainement pas complice des crimes, que fes sujets com-mettent loin de fes yeux: mais cet officier étoit un émissaire dc la cour deSuede, chargé de dépêches, & cette circonstance avoir fait soupçonner que leMinistère de St. Petersbourg avoir pu tremper dans cet attentatparce qu’onregarde comme auteur du crime, celui qui a eu intérêt de le commettre oude l’ordonner : au reste, cette efpece de vraisemblance fut assert combattuepar la conduire de l’ímpératrice, dans laquelle on ne découvre rien qui res-sente la lâcheté & la trahison (1).
La guerre s’alluma entre la Russie & l’Empire Ottoman : on fe reprocha Guerre in-des infractions réciproques. Les Tartares fe joignirent aux Turcs. La Por- treURuffiste respecta pour la premiere fois la personne de l’Ambaflàdeur Russe, h qui & la Porte.elle permit de fe retirer. Bientôt le Comte de Munich s’avança vers Asoph àla tête d’une armée: les Ruííès écoient impatiens de rentrer dans cette place,qui avoir coûté tant de foins & de fatigues h Pierre I ; niais avant de tentercette conquête, il falloir mettre les Tartares de Crimée hors' d’état de nuireaux affiégeans ; une partie de l’armée dirigea fa route vers Précop & attaquales lignes, qui défendent l’entrée de la péninsule : „ la longueur de ces H-„ gnes (2) est de sept werstes, ou près de deux lieues de France, s’éten-„ dant de la mer d’Afoph ou Palus Méotides , jufqu’à la mer noire. 11 n’y„ a qu’une feule entrée par le chemin de la ville de Précop, qui est com-„ prise dans les lignes. Le long des lignes, il y a six tours de pierres, gar-„ nies de canons. La largeur du fossé est de douze toises, fur sept de pro-„ fondeur; la hauteur, du bas du fossé jufqu’à la crête du parapet, est de„ soixante & dix pieds & l’épaisièur du parapet est à proportion : cinq mille„ hommes y avoient travaillé plusieurs années de fuite pour les mettre en cet„ état, & les Turcs les croyoient imprenables.” Ces lignes, toutes redou-tables qu’elles étoient, furent emportées: la ville de Précop capitula, & la c , .Crimée fut ouverte aux Russes: ils s’emparerent de Koslow, de Bachtfchi-Sa- RuÏÏesdaZraï,ainsi que des villes les plus importantes, & sortirent de la Crimée après L Crimée.avoir ravagé toute cette contrée, que fa situation & fes lignes semblerontdéfendre de toute insulte. Pendant cette expédition, le Général Lafcy avoircommencé le siégé d’Asoph : il avoir à lutter contre le génie de Pierre Iqui avoir fortifié cette ville: le siégé fut long, meurtrier, difficile. Pierre le' m /«»/«.Grand ne prévoyoit pas qu’un jour, son ouvrage feroit funeste à fa patrie: rent d’A-mais enfin, le Commandant capitula, & le Général Lafcy fe mit en marche s 0 ? h -pour rejoindre le Comte de Munich, Cette campagne ne fut que glorieuse; I73 '*
(1) Mém. de Maastein. (2) Ibid.
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