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HISTOIRE DU ROYAUME
SCCT. III.Uist. deSuede.
■1411-1560,
Stenon ,denouveauAdministra-teur.
Siégé dé-fendu parla Reine &indolencedu Roi, cequi l’obligene/e rendu .
qu’ils mirent le siégé devant Oerebro & se saisirent de Falster, qui sut en-voyé à Arboga, où quelque tems après il fut écartelé. Stenon se présentadevant Stockholm, & après avoir battu les troupes du Roi, il l’aífiégea. Lesmagistrats sortirent pour faire des propositions de paix ; mais dans le temsqu’on les discutoit, la garnison mit le feu dans la ville ; auffitôt les bourgeoisprennent les armes, forcent les portes & appellent au secours les affiégeans ,qui entrent en foule, éteignent les flammes & assiègent le château, où laReine commandoit.
Le Roi, qui ne s’attendoit pas à tant de résistance & qui apprit que lesEvêques l’abandonnoient, écrivit aux chefs du parti qu’il droit prêt à com-paraître avec eux, devant les grands du Royaume; qu’il offroit de répondrefur tout ce qu’on lui imputerait, & s’il étoit trouvé coupable en quelquechose, de le réparer: ils répondirent que ces offres n’étoient qu’un piegepour gagner du tems ; que toute négociation étoit inutile, pareeque ni lui,ni son pere, ni aucun des Rois Danois n’avoit jamais voulu remplir ses en-gagemens; qu’il paroifloit que depuis le traité d’Union ils n’avoient eu d’au-tre projet que de tenir la Suede dans l'esclavage; qu’il n’avoit rempli aucunedes conditions du traité qu’il avoit si folemnellement jurées; qu’au lieu dedonner les places aux naturels du pays, il donnoit à ceux-ci des maîtres quin’euslcnt pas été dignes d’entrer à leur service ; que ce scroit une lâcheté àeux, déshonorante dans le souvenir des siécles, s’ils souffraient que la Suedepaffât dans la dépendance du Dannemarck ; & qu’ensin ils étoient résolus desuivre leurs projets & d’obtenir par la force, la justice qu’ils avoient fi sou-vent demandée comme une grâce. La révolte étoit générale ; mais il íálloicun chef: on se souvenoit que Stenon avoit dit avant d abdiquer, que puisequ’on ne pouvoit obliger le Roi Jean à remplir iès engage mens avant qu’ilíl'it fur le trône, on l’y obligerait encore moins loríqu’il s’y serait affermi, &que c’étoit malgré lui qu’on avoit déféré la Couronne au Roi Jean. On luirenouvella la commission d’Administrateur du Royaume; il tint le châteauassiégé pendant.l’hiver: la garnison éprouva la plus grande disette ; il ne resetoit que des chevaux étiques & une truye : la Reine qui se défendoit aveccourage, pour ne pas faire connoître fa situation aux ennemis, faisoit conduirecette truye fur les remparts ; où l’on cxcitoit ses cris en la liant & tourmentant.C1 ) Cet artifice ne servit de rien ; le Roi qui oublioit ses devoirs Lt ses chagrinsnans les bras d’une maîtreíTè, laissoit fa femme fans secours. Stenon ordonnaenfin un asiàut général; Christine le soutint avec courage; elle ne demanda àcapituler, que lorsqu’elle vit qu’on se préparait à un second: la garnison quiavoit été de mille hommes, étoit réduite h foixante-dix : la Reine & ses gens& le reste de la garnison furent faits prisonniers; la Reine demanda de pailèr letems de fa captivité dans le couvent de Ste. Brigitte. (2) Le Roi Jean parutenfin avec une flotte; mais ayant appris que la place avoit capitulé, il s’enretourna.
í 1) Locœn. loc. cit. (2) Les historiens Danois prétendent que Stenon , après lui avoirdonné par la capitulation la liberté de s’en retourner, la retint un au contre la foi du traité;mais on ne voit pas pourquoi cette perfidie envers^une femme, qui ne devoit pas être sortempressée d’aíìer joindre un époux infidèle, qui 1 avoit abandonnée à ses propres forces.Loccenius dit que par la capitulation elle étoit prisonnière.