DE SUE D" E, Liv. XXXI. Sect. III. 4 ó 3
La guerre entre les deux Royaumes devint cruelle & sanglante, Stenon fit Hist. desoulever la Nonvege, quê. Chriitiern fils de Jean avoir dévastée, & dont il Suede.avoir fait périr une partie de la Noblesse dans les supplices: cc Prince natu- H'1-1560.
rellement cruel & qui mérita dans la fuite le nom odieux de Néron du Nord , --
conduisit les troupes de son pore dans la Gothie orientale, y brûla Oereítein,
& y fit les plus horribles ravages. Dans la Gothie occidentale, le châteaud’Eifsbourg lut pris & réduit en cendres: Eric Ericfon qui y commandoit,fut massacré par les paysans, qui le croyoient du parti du Roi. Stcnon par-courut la Suede & le rendit maître de tous les châteaux, excepté de celuide Calmar & de Borckholm, que le Roi Jean ravicailloit fans celle par mer:-cependant le carnage cessa pour faciliter la délivrance de la Reine que le Roifaiíòit négocier auprès de sAdminillratetir par la Régence de Lubec. 11 avoir de-mandé à cette ville & aux autres villes Anséatiques, qu’elles ccfKiíîènt tout com-merce avec les Suédois, contre lesquels il les exhortoit de venir à sjn se-cours; mais il n’en obtint qu’une promeíTè de neutralité. La Reine, obtint íàliberté ; rAdministrateur raccompagna jusques fur la frontière de Smalandie ; Stenon-mais à son retour il se sentit incommodé à Joenokoping: fi maladie empira meurt Q»
& il mourut peu de jours après. On cacha ía mort; on convoqua les Etats ^nts nu.-du Royaume; on délibéra li l’on donner-oit un successeur à. Stenon, ou fil’on rappellcroit le Roi Jean, car il avoir encore des partisans: il fut rejette:on: proposa Suante Nilfon Sture, qui avoir rendu de grands services à l'Etat,étant d’ailleurs de famille Royale; il fut nommé Administrateur, à la pluralitédes voix.. II étoit digne de succéder à Stenon : „ il gouverna, dit l’Abbé dc„ Vertot, (1) avec un pouvoir peu diffèrent de celui des Rois les plus ab-„ sol us : heureux dans la guerre, révéré dans la paix, la noblesse & les pay--„ fans le rêgardoient comme le protècteur de la liberté; & son mérite Lui„ avoir môme donné pour amis quelques évêques du Royaume qu’il avoir„ détachés du parti des Danois: il n’entreprenoit aucune affaire d’importan-„ ce, qu’il n’cn fit part à Jacques-Ulsenis, Archevêque d’Uplîil , & à„ Hemming Gaddc,. Evêque de Linkoping: ces prélats, naturellement cn-„ nernìs de fit dignité, ne pouvoient s’empôcher d’avoir de l’eítime & de„ rattachement pour ía personne. ”-A peine fut-il muni du pouvoir, qu’ilpreílà Calmar & Borckholm avec plus de forcer l'Eveque de Linkoping, cebrave Hemming Gadde , prêtre pieux & soldat intrépide, s'empara de laville de Calmar, mais il ne put pas enlever la fortereííè; ce qui donna auRoi la facilité de reprendre la.ville, dont il fit périr dans les supplices, lebourguemestre & quelques citoyens, comme coupables de trahison. Jean y K0 _.convoqua une aíïcmbléc des Etats des trois Royaumes, à la sollicitation des 7VusSuédois même & de Suante Nilfon Sture., qui à cet effet étoit convenu d’une { ì lF^ nhlí:etrêve de treize mois, à respiration de laquelle les Etats de Nonvege & de Eeat^génLDannemarck se rendirent à Calmar. Le Roi Jean y parut accompagné de raux.l’AmbaíTMeur de Jacques IV, Roi d’Ecoíîe & fils de fa sœur, des Ambas-sadeurs de Joachim, Elcéteur de Brandebourg , son gendre, des Ducs deMecklenbourg, & des députés des villes Anséatiques: cette pompe n’en eutpoint imposé aux Suédois, mais fa fuite reílèmbloit k une armée,, plutôt
O) Révol. de Suede p-70.. T. r..