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HISTOIRE DU R O Y A U M E
Suer. III.flift. deSuède.1411-1560.
Cependant le Luthéranisme avoit fait de si grands progrès que Gustavecrut pouvoir fans risque prendre fur les biens du clergé : il sit répandre lebruit qué i’Empereur fe diípofoit à palier en Sue de pour rétablir le RoiChristiern. Sur un bruit semblable, le clergé de Dannemarck avoit fournià son Roi une somme considérable. (1) Gustave convoqua le Sénat kStockholm : il le pria de chercher les moyens de mettre l’Etat h couvertd’une surprise. Le Sénat représenta au Roi que le peuple étoit épuisé ; que3e commerce ruiné par Lubec & les villes Anféatîques n’offroit aucune ref-fource, iufques à ce qu on eût payé k Lubec la somme qui lui étoit due.Alors le Chancelier proposa de prendre pour l’cntretien & í a subsistance destroupes, les deux tiers des dixmes des évêques ; il ajouta que le privilègeexclusif du commerce de Lubec, étant un des plus grands fléaux pour l’E-tat, il falloic recourir aux moyens extraordinaires pour payer cette dette, &Or âeílhie c l uc ^ * Tí0 ‘‘ ns onéreux étoit de fe servir de l’argenterie superflue des églisesUs cloches & des cloches inutiles. Le Sénat approuva cet avis, & ledit fut dreslë furé? l’argen- le champ : des commiflair.es furent envoyés dans les provinces; ils s’empare-terie des rent de 1 argenterie & des cloches, & mirent dans des greniers publics, lesfeUins'^T âLmms qui furent destinées pour la subsistance des troupes. Les évêques por-l'Etat. 6 terent leurs plaintes au Roi & réclamèrent leurs privilèges & leurs immuni-Plaintes tés. Gustave leur répondit que puifqu’ils les tenoient de-la Puiflance séculièredes évêques, & non de Dieu,, cette Puislànce dans des cas urgens pouvoit les supprimer:des motnes so^ ecclésiastiques Lt surtout les religieux fe déchaînèrent contre le Prince,sirent courir des libelles injurieux parmi le peuple, proposèrent même de ré-voquer son élection. Ils communiquèrent, leur fureur au petit peuple. Lescurés excitoient les paysans contre les commiílàires : quelques-uns furent fortmaltraités ; les paysans les pourfuivoient à main armée, reprenoient leurscloches & la croix d’argent de leurs églises & les y reporcoienc eu triom-phe. ( 2 ) Gustave fe rendit en Dalécarlie, d’où il chaílà quelques prêtre í,qui foulev.oient le peuple de cette province & les obligea de fe retirer enNonvege.
Gustave découvrit par fes espions que les paysans excités par le clergé,dévoient fe rendre en plus grand nombre qu’à l’ordinaire k la foire d’Upíal,& réclamer les armes k la main, les cloches de leurs villages ; il fe rendit kcette foire k la tête d’un corps de cavalerie :. ils ne s’attendoient:point à son arrivée : fa contenance íiere les contint : il leur parla avec ferme-té, & leur demanda de quel droit, ils s’oppofoient aux arrêts du Sénat? ar-rêts qui n’av.oient été portés que dans la vue de rendre l’abondance k la patriepar le rétablissement du commerce: pour fe concilier leurs esprits, il entradans quelques détails; il leur dit qu’on avoit cru qu’il valoit mieux tirer dessecours du clergé, plus ennemi de la patrie que les Danois même, que de
U des e c-
cléjiajli-
ques.
Mmeutts.
Gustave
appaife Me sos accabler d’inipôts., Ce discours ranima leur fureur,.ils s'écrièrent qu’ils‘fomentée ne ^ouflnroient point qu’on changeât la Religion, ni qu’bn leur enlevât lespar ie cler - cloches & l’argenterie de leurs églises. Gustave ordonna à la cavalerie de tirer -'gè, sor ces rebelles; mais les paysans épouvantés tombèrent à fes genoux & de-
(í.) Pus end, Ibià. Voyez l’Hist. de Dsmieraarck sons cette époque. (2) Locan. Lib .6fìist. Susc. in vit, Gujh