6o- HISTOIRE DU ROYAUME
$ect. V. Commandant Savelli, qui projetta avec une petite armée de chasser les Sué-Hift. de dois des environs de Demmin; les Suédois instruits de ses projets, fe réuni-1610^632. renr ’ à le Roi vint fe mettre à leur tête. Savelli plus fort en nombre du--II double, range ses troupes en bataille, de maniéré à déborder les Suédois.
Combat de Gustave forme une colonne, la fait avancer vers le centre, comme pour cou-D T min l per l’armée ennemie ; ensuite rompant & déployant ía colonne de droite &tuedíis. SS à gauche avec la plus grande promptitude, il gagna le flanc de Fennemi,le mit en désordre, tomba fur ceux qui gardoient le canon, les tailla en pie-ces, tourna cette artillerie contre Finfanterie impériale, qu’elle prenoit enflanc, tandis que celle des Suédois la foudroyoit en front: l’armée des Im-périaux fut mise en déroute; ce qui échappa au fer des Suédois s’enfuicdans le Mecklenbourg & ne s arrêta qu’à llostock. L'armée de Gustaveétoit très inférieure en nombre. (1) On ne croît pas qu’ìl eut plus de3000 hommes; il partit après cette victoire,pour aller continuer de fortifierStettin, dont il fit une place redoutable.
Conquêtes Le Roi assiégea Grciífenhagen vers la fin de Décembre ;Fhyver étoit très ri-de Gustave, goureux; les Impériaux étoient en quartier ; la veille de noël il fit faire un feuterrible ; les remparts avoient plusieurs brèches, on étoit prêt pour Fassiiut. DonFerdinand de Gapoue, qui y commandoit, voyant qu’il n’y avoit plus de res-source, aíîèmble chez lui les principaux capitaines, ordonne qu’on fe dispo-se à partir dans le plus grand secret & à la faveur des ténèbres, il gagne unpont qui étoit gardé par les Impériaux. Les Suédois donnent Faflaut, s’em-parent de la ville, courent à la garnison & ne trouvent que les habitans &quelques Impériaux, commandés pour mettre le feu dans tous les quartiers.Les Suédois les arrêtèrent, coururent après la garnison, ne rencontrèrentque l’arriere-garde. Don Ferdinand bielle fut fait prisonnier & envoyé àStettin: on prit encore 100 soldats, un officier Italien & un Comte deThun, dont la jeunesse & la beauté lui attachèrent Gustave : ce Prince (2)permit à ses soldats, le pillage de ce qui appartenoit aux Impériaux feule-rai. ment. Le Roi profita du reste de Fhyver pour harceler les ennemis & leurenlever leurs quartiers. Le Comte de Schaumbourg qui avoit remplacéTorquato Conti, ayant appris ce qui s’étoit passé h Greiffenhagen, ne ju-gea pas à propos d’attendrc les Suédois à Gartz, il abandonna les lignes &Les Impè~ L vflssi, après y avoir mis le feu qui la consuma, à Fexception de 40 mai-riaux bru- sons, fans que Gustave désespéré de ce désordre pût y porter aucun secours;
H courut "ss'òs les Impériaux & hacha leur arriéré-garde, composée de Croa-donnenu' tes & des régimens de Walstein, de Gretz & de vieux Saxe. Cratz, quicommandoit une forte garnison dans Pieritz, voyant Gustave maître de Gartzlis enfoui & d e Greiffenhagen, qui étoient deux paíîàges fur FOder, mit le feu à laLkritz a àà ville de Pieritz, à l'hôpital, à une belle église & au palais que lesDucs de Poméranie avoient fait bâtir. II n’ofa mettre le feu au reste, dansla crainte de soulever les habitans. Gustave arriva dans cette malheureuse vil-le peu de tems après que Cratz en fut sorti, emmenant 300 chariots escortés' par 1400 chevaux Allemands & Croates & chargés du butin & du pillage
(O Hist. de Gust. Adolph. L. 6. Voyez la note de Lansberg , ad ibid. ( 2 ) IdemIbidem.