oû DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. Sect. VIE LA
les mutins, rebelles aux Loix , ennemis du Roi & de l’Etat ; il suc Uijî. ck-ordonné que les habitans prendroient les armes pour repouíîèr les violences Hollande,de cecce soldatesque effrénée (i). , 1574
Cependant les Espagnols qui a voient paru souscrire avec joie cettesentence, n'en favorisoient pas moins en secret les mutins. Leurs rnanœu*vres furent bientôt découvertes. Les habitans de Bruxelles confondant dansleur haine l’innocent & le coupable , coururent h la Salle du Conseil , se Le Conseilsaisirent des Magistrats & s'assurèrent de leurs personnes. (2) Le Prince d'Etat estd’Orange profita de cette circonstance pour renouvelles lés instances auprès ar/ e!i 'des Provinces: celles de Hainaut, d’Artois ôc de Flandre formerent uneunion, à laquelle,les autres Provinces accédèrent,à l'exception du Luxem-bourg. Cette nouvelle Confédération ne garda plus de mesures dans ses Plusieursdémarches. Ce n’étoit plus les mutins d’Alost qu’on déclaroit rebelles & provincesennemis de l'Elat ; c’écoit tous les Espagnols : on rappelloit dans des f e ^ u c ^f remanifestes éloquens les anciennes causes des troubles de la Patrie, la tyran- i es £f pa .nie du Duc d'Albe , la cruauté des Inquisiteurs, les tortures, les exactions & gnois.les persécutions de toute espece employées contre les malheureux Flamands:on finifiòit par implorer contre des tyrans fans foi, le secours du Ciel ven-geur des foibles opprimés, & l’astlstance des Puissances voisines.
Les Espagnols de leur côté sembloient jaloux de donner aux Confédérésde nouveaux sujets de plainte : Vargas mit au pillage la ville de Mastrïcht. Le<, Espa»D’Avila, Gouverneur de la Citadelle d’An vers, secondé par les mutinsd'Alost, entra dans la ville & la saccagea. Les barbares qu’il avoir fousses ordres, firent main basse fur tout ce qu’ils rencontrèrent. Une partie de jnvers.la ville fut réduite en cendre. Anvers passoit alors pour la ville la plusfloriíîanre du Nord. Elle scrvoit d’entrepôc à toutes les villes commerçantesde l'Europe. Les Espagnols en enlevèrent plus de quatre millions euespeces, fans compter les meubles précieux. La nouvelle des désastres deMastricht & d’Anvers excita encore plus d’indignation dans les Pays - Basqu’elle n’y imprima de frayeur; on sentit qu’il n’y avoit plus de salut àespérer pour les Provinces, si les Espagnols y demeuroient davantage. LesDéputés des différentes contrées des Pays-Bas conclurent h Gand le Les diffi-'ïraité célébré, connu fous le nom de Pacification de Gand. (3) II fut rentes Pre*arrêté par ce Traité, qu’il y auroit à I’avenir une amitié íincere & durable c f n ~entre les Etats de Brabant, Flandre, Hainaut, &c. & entre le Prince Gand und Orange ot les Etats de Hollande &, de Z élan de ; que les offenses mutuelles Traité d'u-seroient mises en oubli ; que le commerce qui avoit ci-devanc uni ces Pto* à»,vinces, seroit rétabli; que toutes les Provinces réuniroient leurs efforts pourchasser les Espagnols & leurs adhérons hors de leurs frontières; que dès quees étrangers autoient été forcés à se retirer, on convoquerait les Etats,
1 qu on 1 avoit fait fous le régné de l’Empereur Charles V, & qu’alorsmcn P r ren , dr0Ì L de i ustes mesures pour rétablir l’ancienne forme de gouverne-rigonre ™ acer |f s "aces de la tyrannie du Duc d’Albe. Que les Editstroubles 3 * n Ue CC Oouverneur avoit publiés, par rapport à la religion & aux' * erne ureroient suspendus jufqu’à ce qu’il en fût ordonné autrement
fi) De Meteren r , .
** v> V. (r) Grotius Ana. Lib. II. (2) De Métere» Liv. VI.