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44 (1788) La continuation et la fin de l'histoire de Hollande ou des Provinces-Unies, et le commencement de celle d'Angleterre ou de la Grande-Bretagne
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HISTOIRE DE HOLLANDE

Skct.VIII. par toutes les brèches, les gardes sont égorgés & deja les Espagnols-Hist- 6s sont dans la ville : les femmes du haut des toits font pleuvoir fur eus.

des tuiles, des pierres, de Peau bouillante, du bible brûlant. En même

1 _temps elles rappellent au combat les artisans & les villageois qui s’cn-

les Espa- fuyoient en désordre. Mais leur résistance est vaine; les Espagnols cn-gnols pêne- trer n; dans les maisons, égorgent ou précipitent du haut des toits & des

/«Mare * fenêtres , ces amazones que leur courage rendoit aussi intéressantes que

leur sexe; ils masïàcrent tout, sans respect pour l’enfance ou pour la

vieillesle. Les Chefs ne peuvent eu ne veulent pas les retenir.. On

n'entend que des cris & des gémistèmens : on ne voit que des cadavres,//s mettent àz membres coupés & des ruisièaux de simg. Les restes de ce peupleó sang infortuné, courent vers le pont, pour palier dans le Wic k : (*) ceux quidans la vil- s’étoient déja retirés dans ce fauxbourg, rompent le pont, & le peuple prestele fi? dans par le peuple fe jette en foule dans la riviere.

! pour" X de pientôt on parla de capitulation dans le fauxbourg; mais pendantiVick. qu’on délibérois, les Espagnols y entrerent tout à coup, & mirent tout àfeu & à sang. Le pillage de Mastricht & de Wick dura trois jours.La ville fi? On pourra juger de quel immense butin les Espagnols s’enrichirent, lors-k qu’on l’çaura que l'on comptoit dans cette ville dix mille hommes em-

JJs'aJ° n ployés aux manufactures de drap. Enfin lorsqu’il ne resta presque pluspliage. rien h égorger ou à piller, le Duc de Parme rendit cette inutile ordon-nance : Que personne dans f armée du Roi naît la hardiesse de pillerles maisons de la ville & du fauxbourg , de prendre les habitans, deles contraindre à payer rançon quand ils les auront pris , & de j aire àqui que ce soit la moindre injure & le moindre dommage. Ouils sor-tent des maisons oh jusques-là ils avoient demeuré fans ordre , Quechaque soldat fe retire dans son quartier dans le camp , fans rien em-porter de ce qui étoìt dans la maison , s'il n'en a obtenu la permijsondu Gouverneur des Pays - Bas , ou de celui qui eft désigné pour Gouver-neur de Maftricht fous peine- au contrevenant d'itre puni de mort

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Ainsi Mastricht fut pris après un siégé de quatre mois r fa vigoureusedéfense avoit coûté la vie h 6600 hommes, & à 1700 femmes ; lestrésors 5 ' l^ààes Protestans qui fçavoient ce qu’ils dévoient attendre du zeletefiansfe fanatique du Duc de Parme, aimèrent mieux finir volontairement leursjours au fond des eaux, que de gagner fur un échaffaud ou for un bûcherce que toutes les sectes appellent la couronne du martyre. _ Les Espagnolsavoient perdu 2500 hommes, parmi lesquels on regrettoit beaucoup deNobleflè & le Général lui-même avoit été en danger de perdre la vie,Strada ne manque pas de lui donner, dans un accès de fievre, une visionoù les Allemands & les Wallons fe préfemoient à ses yeux prêts ks’égorger. II ajoute que fur cette révélation plusieurs Officiers sortirent dela tente du Général & coururent à Mastricht, où les Wallons & lesAllemands tournoient en effet leurs armes les uns contre les autres,

(O Hhck ou fEyk, est de l’autre côté de la Meuse, & ce nom Hollandais ou i'ia-WLiid, veut dire Refuge.

jettentdans lefleuve.