OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. SecT. VUE Z)
„ sc roi c point obligé de la maniéré la plus folemnelle à reconnoître le Prince Iíisf. iv„ François pour Protecteur de la Confédération', mille raisons invitoient à idoilands.
„ le préférer à tous ceux qui pourroienc aspirer au méme titre. Le voisi- i574 ' í58 ^ '„ nage de la France, qui plus facilement que tout autre Etat de l'Europe,
„ peut fournir des secours à la Patrie; l’ainitié que le Roi de France avoit
,, pour son frere, & surtout la haine qu’il portoit au nom Espagnol, dou-
„ ble motif pour qu’il vît avec plaisir la défection des Provinces-Unies;
„ enfin l'ambition même du Duc d’Anjou, qui d’un côté voulant fe main-
„ tenir un parti à la Cour de France, & de f autre briguant la main de la„ Reine d’Angleterre, n’auroic de longtemps aíîez de loisir pour abuser de„ Pautorité que les Confédérés lui auroient déférée.”
Le Prince d’Orange ne s’étoit pas flatté que cette proposition feroìt reçued’une voix unanime. 11 fentoit bien que la terreur qu’infpiroit la vaste puis-sance de 1a Maison d’Autriche, la perspective d’une guerre plus longue &plus sanglante que celle qu’on avoit déja soutenue , l’mtérêt desCommerçansqui ne prospèrent qu’au sein de la paix , celui des Catholiques qui alloientvoir abolir les derniers restés de - leur Religion, l’horreur que les Flamandsavoient pour les noms de félons & de parjures que toute l’Europe alloitleur donner, enfin ce penchant d’habitude qui ramene toujours les esclaves tes Fia»à leurs anciens maîtres, oppoferoient dé grarçds obstacles à cette révolution, mandsfon?En effet, il vit les uns consternés,les autres chancellans, plusieurs reculans incertainsd’effroi. Une convulsion de la Nature, qui souleva, les eaux de la mer & parti au'iií-entr’ouvrit les entrailles de la terre, redoubla encore les alarmes des Fia- doiventmands. Pour lui, il n’avoit plus d’aucre parti à prendre, que de suivre ce prendre.principe d’un célébré Chef de conjurés, que lorsque l'on a tiré l'épée contreson maître , il faut jetter le fourreau-dans lariviere.-
Philippe avoit mis fa tête h prix (i), il avoit promis vingt-cinq mille LeRoicTE.écus en fonds de terre à celui qui Fameneroit mort ou vif, ou à fes héritiers ÍP“gne mets’il périfîbit dans l’entreprise: il promettoit en outre à celui qui le délivre-roit de son ennemi , l’ábolition de tous les crimes qu’il auroit pu com- p r i ncemettre, & des lettres de Noblesse. Ainsi les distinctions & les honneurs d'Orange.dûs à la vertu , devenoient le prix d’un assassinat. Le Duc de Parme Je Ducfit publier dans les villes qui lui étoient soumises un Edit émané du Con- p arme faitfeil de Madrid. Cette Loi proscrivoit le Prince d’Orange & donnoit fes publierbiens à ceux qui pourroienc le livrer au Roi, mort ou vif. Dans cette f'- 1 '* d 14 jOrdonnance Philippe déployé moins la dignité d’un Monarque irrité con- p C r £f Cl f etre un Révolté, que la rage d’un ennemi qui ne respire que vengeance. d'Orange11 prodiguoit au Prince d’Orange les noms S ingrat, de rebelle , de rebelle,perturbateur du repos public, dliérétique, d'hypocrite,-de Colin & deJudas, de peste de la Chrétienté , d'ennemi du genre humain , enfind’homme qui avoit la conscience endurcie & qui étoit un impie, ayant tiréune religieuse du cloître pour l’époufer & dont il avoit des enfans. LePrince d’Orange répondit à ces injures par une Apologie de fa conduite,
(O A P e .u près dans le méme temps Philippe offiroit quatre-vingts mille ducats, àcelui qui lui livreroit Dom Antoine, Ion compétiteur au trône de Portugal. íliji, Glndr,f Espagne, par A. P e ,-rer. Tom. X. Part. XF. Siée. XFI.