Buch 
44 (1788) La continuation et la fin de l'histoire de Hollande ou des Provinces-Unies, et le commencement de celle d'Angleterre ou de la Grande-Bretagne
Seite
40
JPEG-Download
 

40

HISTOIRE DE HOLLANDE

Srct. VIII.flisl. deHollande.1574 1584,

Lts Etatsdéclarentle Roi ct'Efpagne déchu de lacouronne.

Députa -tioû en-voyée auDuc d'An-jou pour

lui offrirle gouver-nement desPays-Bas.

X.a ville deBrada estsurprisepar lesEspagnols .

NON moins injurieuse pour Philippe que flatteuse pour lui-même. (*) Enmême temps h force de sollicitations & de promesses, il parvint au but qu’ils'etoit proposé, & les Etats assemblés à Anvers déclarèrent que le Roi Phi-lippe étoit déchu de la Principauté des Pays-Cas, pour n avoir pas con-servé Jes privilèges des Flamands, comme il en avoit lait le ferment; quepour cette cause les peuples de Flandre, suivant le droit qu’ils en a voient Htque Philippe avoit reconnu lui-même, lorsqu’il fut élevé à la dignité dePrince de Flandre, étant libres & dégagés de la soi & de l’obéissanoe qu’ilslui dévoient, choisissoient pour leur Prince de leur bon gré & de leur propremouvement, François de Valois, Duc d’Alençon, frere du Roi de France.On 6t partir auílitôt le Baron de Sainte-Aldegonde & plusieurs autresGentilshommes, pour offrir la Principauté au Duc d’Alençon. L’ArchiducMathias n'attendit pas ce nouveau rival, il abdiqua un rang qui n’étoitpourlui qu’un vain titre, & partit en menaçant les Flamands de la vengeance de laMaison d’Autriche.

La Déclaration des Etats d’Anvers fut publiée en forme d’Edit. C’éroîc.une espece d’Arrêt que les sujets lançoient contre leur maître. Les Magi-strats prêterent un nouveau serment de fidélité. Si l’on en croir Strada,écrivain fort amateur du merveilleux, plusieurs firent de vains efforts pourprononcer cette espece d’abjuration. Leur langue demeura comme attachéeà leur palais, & l’un d’eux mourut à l’instant même. Cependant on déchi-ra tous les brevets que les Gouverneurs ou les Officiers de Juitice ou del’Armée, a voient reçu de Philippe on leur en donna d’autres; les Statuesdu Monarque Espagnol furent renversées, son sceau brisé, ses armes fouléesaux pieds, les images des Saints dans les Eglises ne furent pas plus respectées;il ne resta plus aucun vestige du culte Catholique.

Le Prince d’Orange sic une perce qui lui étoit personnelle. La ville deBreda avoit fait dans tous les temps les délices de la Maison de Naíîàu: deuxtraîtres, l’un caporal, l'autre soldat, résolurent de remettre .cette ville sous. l’obéisiànce de Philippe. Claude de Ilautepenne, averti par eux du peu devigilance de la garnison, fit partir Pompée Bardi, Florentin, à la tête d’uncorps de cavalerie qu’il suivit de près. Pompée arrive k la pointe du joursous les murs de la Citadelle, fait mettre pied k terre k fa troupe , tra-verse le sosie suivi d’un seul soldat, plante l’échelle, monte, & voie neufgardes endormis & une feule sentinelle qui veilloit. 11 fait signe k satroupe : d’autres échelles sont plantées, & bientôt vingt - quatre assaillanssont fur la muraille. Au qui vive dc la sentinelle, Pompée ne répondque par un coup de hallebarde dont il l’étend par terre. Les gémisiè-mens de ce malheureux réveillèrent ses compagnons, qui allerent se join-dre au reste de la garnison. Mais la surprise avoit glacé leur courage.-Hautepenne arriva avec de nouvelles troupes & se rendit maître de lacitadelle. La ville se défendit pendant deux heures. Mais enfin il fallutcéder k l’impétuosité des Espagnols, que leurs-premiers succès avoient remplid’audace.

Le

C) Nous avons placé cette Apologie à la fin dc notre Volume précédent & y ren-voyons le Lecteur.