OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. Sect. VIII. 41
Le Duc d’Anjou arriva enfin avec peu de troupes, peu d’argent, mais Hist. de•chargé des plus belles promeílès du Roi de France,son frere. Son pre- Hollande,mier pas fut une victoire : il força les Espagnols à lever le siégé de Cam ^74 »5 4 »brai; il y entra en triomphe; le Duc de Parme lui-même amusé parles Arrivés du.Ambassadeurs que lui envoyoit Henri 111 , différa de mesurer ses forces Duc d'An-avec ce jeune vainqueur. C’étoit de Finconstance des François qu’il at jou dans lestendoit la fin de cet orage. Le Prince d’Orange invitoit en vain le Duc jsll'iige*'
d’Anjou à le venir joindre avec son armée. Cette armée n’existoic déja / es EJpa-
plus, ou du moins on n’en voyoit que des débris : elle s’éroit dissipée gnois à le -
après la levée du siégé de Cambrai. Le Duc d’Alençon lui-mcme étoit v ^q ^ c
prêt à abandonner fa proye ; il fe retira au Catelet avec 1500 chevaux& 5000 fantassins, qui lui restoient. Ce fut de-là qu’il examina les Son arméemouvemens des Espagnols, ceux des Confédérés, résolu de ne rien en - fe diffipe*treprendre que lorsque l’occasion seroit favorable & le succès presquecertain.
Le Général Espagnol mieux fortifié contre les obstacles & par ses con-noifiances dans Fart de la guerre, & par le nombre & la fidélité de fes trou- Duc Je
pes, entreprit le siégé de Tournai, ville que le Prince d’Orange jugeoit Parme for-imprenable. La porte St. Martin étoit défendue par un ravelin qui en fai- ^Tournaisoit la sûreté. Les Espagnols Fattaquerenc, furent repousses, revinrent à la de 0Uinaucharge & s’en emparèrent. Alexandre, pour suivre des y ux les travaux dusiégé, & les mouvemens des assiégés, avoir choisi son poste dans un vieuxfour, d’où il pouvoit tout voir fans être apperçu. Un boulet renversa cettemasure fur le Prince & sur ceux qui étoient près de lui. La consternation fe ^ t lgrépand aussitôt dans le camp, on s’écrie Alexandre eft mort! On court plus grandvers la masure, moins dans l’efpoir de lui sauver la vie , que d’en arracher danger.fes restes inanimés. En effet on trouve un de fes Officiers mort fous lesruines, un soldat expirant. On entend les gémiílèmens des autres. Ce-pendant on dégage avec précaution les poutres & les pierres: tout k coupAlexandre leve fa tête découlante de sang, fe montrant, l’air calme & fansdonner aucun signe de douleur: ,, mes enfans, leur dit-il, retournez à vos„ postes , je vis encore, & je vivrai pour la destruction de nos ennemis.” $ uccè5II fut bientôt guéri de fes blessures, & reprit fes travaux. La joye que Ferduga.Ucausa sa guérison, fut encore augmentée pgr la nouvelle de la victoire que obtient leVerdugo venoic de remporter sur le malheureux Noris, tántde fois vaincu. S 0 UV ^ 1 'J te ‘Le Gouvernement militaire de la Frise suc le prix de ce succès & de plusieurs Erífe. e *autres que Verdugo avoit déja remportés.
Le Prince d’Epinoy, Gouverneur de Tournai, désespéré de n’avoir pu yentrer, avoit du moins tenté d’y jetter quelques secours: mais fes cavaliersavoient été battus, & leurs dépouilles exposées comme un trophée au hautdu ravelin. Le Duc de Parme croyois que ce spectacle consterneroit lesassiégés: il fit miner fous les murs pour accélérer Finstant de l’asiàut; maisles assiégés contreminerent, & fe trouvèrent bientôt si près les uns des au-tres, q ue ceux d’Alexandre frappés de terreur, sortirent de la mine & com-muniquèrent leurs craintes aux soldats. En même temps un détachement dela garnison se jetta dans le quartier des Wallons & y porta le désordre.
Mais il fut repouílë par la cavalerie Albanoife. Alexandre courut aux rni-Tome XLtr. p