OU DES PROVINCES UNIES, Lrv. XXXIII. Skct. IX. 9A
la citadelle qui commandoit la ville, & qui devoit la foudroyer au pre-mier signal de révolte. La ville d’Anvers preslee de toutes parts, implo-roit envain le secours des Confédérés. Les peuples voisins qui avoientlaissé échapper les premieres occasions de la secourir, ne pouvoient plusle faire fans s’exposer eux-mêmes h une ruine certaine.
Dans le reste des Provinces Confédérées , il ne fe trouvoit aucun Seigneurassez puislànt, ou par son génie, ou par ses richeflès, pour fe mettre à latête du parti; aucun n’osoit aspirer à la souveraineté. Le gouvernementétoit fans vigueur, les loix peu respectées, la discipline militaire abandon-née ; on fe vit réduit encore à la honteuse nécessité de chercher un maîtrechez l’étranger, & h Topprobre plus affreux encore d’essuyer des refus.Les uns vouloient fe donner au Roi de France, les autres à la Reine d’An-gleterre; mais celle-ci ne pouvoit donner que de l’argent, & Henripouvoitdonner de l’argent & des hommes. Cette considération réunit tous les espritsen faveur de la faction Françoise. Ils députèrent donc vers Henri III; maisce Prince foible, entouré de flatteurs & d’ennemis, flottant lui-même aumilieu des orages qui troubloient son Royaume, loin d’accepter la nou-velle Couronne qu’ils lui offroient, ne leur accorda pas le plus léger se-cours: il n’eut pas même assez de fermeté pour interdire aux Espagnols lepaflâge des frontières.
On eut recours ensuite h Elisabeth, dont la fierté fut blessée de ce que lapremiers proposition ne lui avoit pas été faite. Cette seconde négociationtraîna encore en longueur. Le Duc de Parme travailla avec plus d’activitéau siégé d’Anvers. (i) II sentoit qu’il ne pouvoit réduire cette ville quepar la faim , la garnison qui ia défendoit, étant présqu’aussi nombreuse,que son armée ; mais il siilioit fe rendre maître de l’embouchure de l’Ef-caut, dont la largeur favorifoit le paflàge des Convois. On commençapar rétrécir le lit du fleuve, en y jettant une quantité prodigieuse de maté-riaux... On éleva des deux côtés du rivage , des forteresses flottantes pourprotéger les ouvriers, qui dévoient travailler à Tâtonnante machine dontAlexandre avoit conçu le plan. C’étoit un pont de vaisseaux attachés en-semble, qui occupa toute la largeur du fleuve. Des bateaux armés de pou-tres pointues, placés devant & derrière ce pont , 1 e défendirent contre toutesles malles, qu’on pouvoit envoyer contre lui pour le détruire. Au reste,la négligence des assiégés rendit cette précaution prefqu’inutile. On eutdit qu’ils s’occupoient plutôt à admirer cet ouvrage , qu’à le ruiner;ils préparèrent à la vérité quelques machines qui devaient lancer desfeux & des pierres, mais ils mirent tant de lenteur à les construire,que lorfqu’elles furent achevées, il rfétoit plus temps d’en faire usage.La disette se fit bientôt sentir. On apprit que les villes de Mali-nes & de Bruxelles venoient de se rendre , & Ton sentit la nécessitéà suivre cet exemple. La ville capitula, & obtint des conditions assezdouces. Les Protestans furent les plus maltraités ; on leur donna quatreans pour arranger leurs affaires, mais à cette époque ils dévoient quitterleur patrie. Alexandre qui venoit de recevoir d’Espagne l’Ordre de la Toison
(î) Beativoglio p. 2. Liv . 3) Scrada. Dec. II. Lib. VI. -
Hijì. de
Hollande.
1584-1593.
Les Con-fédérésoffrentleufsouverai-neté àHenri III tqui larefuse.
Le Duc deParme far-ine le fie ;ed'Anvers.
II construitfur VEs-caut unpont debateaux.
Ann. 1585c
Anvers ferend
aux Espa-gnols.