96 HISTOIRE DE HOLLANDE
Segt. IX. d’or, fit son entrée triomphante dans Anversaprès avoir traversé ce mê-me P om ’ st ue ^ es vems 6t les flots avoient respecté ; il rétablit la1584" S93* ^iladelle, que les habitans avoient abattue du côté qui menace la--——r ville.
La perte d*Anvers consterna les Confédérés. Le succès momentanéqu’ils avoient eu dans Bolduc, n’étoit pas capable de les consoler; ils enavoient été chaflës presque aussitôt qu’ils y étoient entrés. Nimegue, ca-pitale de la Gueldre & Duisbourg s’étoient rendues aux Catholiques : lescampagnes de la Hollande, & les îles adjacentes étoient couvertes d’unemultitude de Protestans, bannis des villes conquises. 11s demandoient unafyle&n’apportoient dans leur nouvelle patrie, que leur miscre, leur courage& la haine de la Religion Romaine.
On négocioit toujours en Angleterre ; mais Elisabeth ne voyoit pas encorela révolution assez affermie, pour accepter la Souveraineté qui lui étoit of-ferte, & en dépouiller le Roi d’Efpagne. Cependant Pintérêt qu’on doitprendre au fort des peuples opprimés, les anciennes alliances des Anglois& des Belges, la conformité de leur Religion, lui parurent des motifs assezÉlisabeth puiflàns pour leur accorder des secours dont le but apparent n’étoit pas deaccorde des les affranchir, mais de les défendre. Elle promit de leur envoyer 5000secours fantassins & 1000 chevaux, donc le Commandant auroit son rang & sondéréf.' ^ussi-agL dans le Sénat Belgique. Elle conscntoic encore à équiper une flotte,
' ' pourvu que les Confédérés y joignissent un pareil nombre de vaisseaux ;mais pour le remboursement des dépenses, que fes armemens exigeoient,elle voulut qu’on lui remît en otage, Brille en Hollande & Flessingue avecle Château de Rammekens, en Zélande. Cette condition allarma ceux quiconnoissoient Pambition d’Elisabeth, mais il fallut l’accepter.j tille envoyé Le Chef à qui Elisabeth confia la conduite de son armée, étoit le Comtek Comte de j e Leiceílre, de la siere & malheureuse maison de Dudley. 11 étoit en pri-dans ks ’ son > lorsqu’Elisabeth victime des soupçons de la Reine fa sœur, y suc ren-f ay s-Bas. fermée avec lui: il gagna d’abord fa confiance par fes respects, puis soncœur par fes grâces, son esprit & íà bonne mine. Lorsqu’elle parvint autrône, si elle ne le partagea pas avec lui, du moins elle l’éleva aux plusgrands emplois, le combla d’honneurs, & lui prodigua tous les bienfaitsqu’il pouvoit attendre, d’une Reine dont l’amour n’avoit d’autres bornes quecelles de fa puiflànce. Lorfqu’il arriva dans les Bays-Bas, tous les cœursvolèrent fur son paílàge. On admiroit sa majesté tempérée par fa douceur,là démarche noble, sans être altiere, son éloquence, tantôt forte, tantôt in-Il est dé- fumante. Tel fut enfin Penthousiafme de la Nation, que fans connoître nielaré Gou - le fond du caractère de cet homme, ni ses talens pour le gouvernement,vemeurde on soi déféra le gouvernement de toutes les Provinces Confédérées, tellesProvinces. st ue Pavoient eu les Gouverneurs envoyés par Charles Quint. II ne devoitavoir qu’une place dans le Sénat, on lui permit de nommer à toutes les au-tres. On le combla de tant d’honneurs, qu’Elifabeth qui connoissoitmieux que les Hollandois l’ambition de son favori, en parut alarmée.
En effet il afpiroit à la Souveraineté & même au Despotisme. Des flatteursqui vouloienc élever leur fortune fur les ruines de la liberté, lui persuadè-rent que pour aíîèrvir ce peuple, il falloic achever de Pappauvrir. Non
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