Buch 
44 (1788) La continuation et la fin de l'histoire de Hollande ou des Provinces-Unies, et le commencement de celle d'Angleterre ou de la Grande-Bretagne
Seite
98
JPEG-Download
 

Sect. IX.tìift■ deHollande.I584-I593>

Le Comtecontinue àblesser lesprivilègesdes Pro-vinces.

Lé Comtetravaille àfe fairedécerner lctitre desouverain.

Ann. 1587.

Le PrinceMauriceest déclaréGénéraldes troupesdes Confé-dérés.

9- HISTOIRE DE IIOLLAN I> E

répuisement des fonds destinés h la Marine, & des obstacles que l’on ap-perçoit aux secours que l’on at-cendoit d’AUemagne. Ces plaintes ne fureurpoint écoutées. Telle étoit la tyrannie du Comte, & la terreur qu’il inípî-roic, que les Députés des Etats éroienc obligés de former à son insçu desassemblées particulières, pour pouvoir s’entretenir librement des affaires pu-bliques. Le Comte de Leicestrc s’efforeoit de porter à cette aílèmbiée mê-me, le coup le plus terrible; il vouloir en fermer l’entrée aux Commerçantcomme indignes de porter fur les rennes du Gouvernement des mains de-stinées à un travail méchanique. Ce projet qu’il ne dissimula point, le ren-dit encore plus odieux au peuple. Mais il regagna son affection en caressmcquelques Pasteurs Réformés, qui gouvernoient les esprits de la populace.Elle auroit consenti volontiers k fe voir interdire tout espoir de parvenir aumanîment des affaires, pourvu qu’on persécutât les Catholiques, que le Com-te de Leicestre exclut de toutes les Charges. Ce changement plut beaucoupaux habitans de la Frise & du pays d’Utrecht,. qui ne cédoient qu’avec ré-pugnance aux Catholiques une part dans le Gouvernement: fortifié par unparti si puiiïànt, le Comte crut toucher au moment où il pourroit prendrele titre de Souverain dont il avoit déja usurpé la puissance; mais il avoirbesoin du consentement d’Elifabeth, qui avoit paru jalouse des honneursqu’on rendoit à un de ses sujets. II falloit dissiper ses inquiétudes, & ré-veiller l’ancien amour dont elle avoit brûlé pour le Comte : il reparut à laCour d’Angleterre pour assurer le succès de son entreprise. Mais tandis qu’iltravailloit pour lui - même, les Confédérés travailloient pour Elisabeth, &lui faisoient offrir par une nouvelle Ambassade la Souveraineté de leur pays.Us essuyèrent un nouveau refus. Une seconde Députation ne fut pas beau-coup plus heureuse. L’objet de celle-ci étoit de représenter à Elisabethque par l’absence du Comte, la République demeuroit sans Chef qui pûtapporter un remede prompt à des maux imprévus ; on retint longtemps lesDéputés fans leur donner audience. L’Angleterre n’étoit attentive qu’autriste spectacle, qu’alloit donner sinfortunée Marie Smart, qui périt par lefer d’uiw bourreau.

Ainsi le secours des Anglois devenoit plus funeste qu’utile aux Confédé-rés. Guillaume Stanley & Roland d’York justifièrent la mauvaise opinionqu’on avoit conçu d’eux, en livrant aux Espagnols les places dont ils étoiebtGouverneurs, (f) Flans cette situation critique la République trahie pariés.Alliés, négligée par fa Protectrice, voulut donner du moins un Chef àl’Armée. Elle je t ta les yeux fur le Prince Maurice ,. qui suivoit lestraces de son pere , & dont la conduite promettoit un grand hom-

me.

On fit prêter un nouveau ferment de fidélité, au nom des Etats ; onrendit la liberté k la navigation, & il n’y eut de loi prohibitive, que contre^exportation des choses nécessaires à la guerre.

L’abondance fut le fruit de cette liberté accordée au commerce: ellerégna dans les Provinces Confédérées, où elle effaça les traces de la guerretandis que les pays conquis par les Espagnols, étoient en proye aux besoins

(t) Grotius Annal. Lib. V.