OU DES-PROVINCES UNTES, Lìv. XXXIII. Sect. IX. 97
content d’avoir mis de nouveaux impôts, il donna des entraves au commer- Hist. áece, défendit ^exportation des marchandises, ■& tout trafic avec l’étranger. Hollande.Les marchands furent obligés d’ouvrir leurs registres à des contrôleurs avi- 15 4-‘59>des: plusieurs sortirent des Pays-Bas, emportant avec eux leurs richesiès.
Quant à ceux qui, malgré la défense du Comte, oioient encore naviguer* IIabuseiileurs vaiflèaux étoient souvent la proye des Corsaires Anglois, qui ne refpec- autt ~toient pas plus leurs Alliés que les Espagnols. Enfin le nouveau Gouverneur riti ’pouíìi fabus de son autorité , jufqu’à donner à la milice des Etats des Capi-taines Anglois.
Le Duc de Parme avoit reçu d’Efpagne de nouvelles troupes & de nou-velles finances. Autant il avoit été alarmé par l’arrivée des troupes An-glaises, autant il étoit rassuré par la conduite odieuse de leur Gouverneur& -par les factions, que la haine publique formoit déja contre lui. Aprèsavoir remporté quelques avantages fur les bords du Rhin., il dirigea fa mar-che vers ceux de la Meuse, mit le siégé devant Grave, & fit construire desforts & des retranchemens pour fe défendre lui-même contre les attaquesdes Confédérés. Cependant il ne put empêcher le Comte de Hohenlo dejetter du secours dans la place ; la rapidité du fleuve précipita cellede fa course, & lui fit renverser tous les obstacles qui s’opposoient à sonpaflàge. Hohenlo sortit après avoir laifle dans Grave des munitions de touteefpece, & l’aííbrance d’un prompt secours, si elle étoit assiégée une se-conde fois. Elle le fut en effet: le Duc de Parme qui s’étoit retiré, reparut à latête d’une armée plus nombreuse & cette seconde tentative eut un succès plusheureux; mais Alexandre ne le dut qu’à la perfidie du Gouverneur Hémert, Grave seou plutôt à fa lâche complaisance pour fa maîtresse, qui s’étoit vendue aux ren<i au3íEspagnols. Cet Officier paya cette foibleflè de fa tête. Mais le Comte de Lei- ^ÍP a S no1 ^oestre ne put pas punir de même le peuple de Venlo, qui livra cette place auxEspagnols, malgré les efforts de la garnison sidele k son devoir. Cepen-dant le Prince Maurice qui voyoit régner un Anglois, dans des lieux oà
son pere avoit commandé, cherchoit uné occasion de prouver qu’il étoit Premiers
digne du sang dont il fortoit. La prise d’Axel suc son coup d’eflài; il em- exploits daporta cette ville par escalade avec toute l'impétuosiré d’un jeune guerrier. ^ nc r e ice ''Un autre héros aussi jeune, fe signaloic dans le parti contraire, mais avec AimTisskmoins de bonheur. C'étoit Sidnei, neveu du Comte de Leicestre, quijoignoit la gloire des lettres à celle des armes. Le Comte de Leicestre allaau secours de Rheinberguen, assiégé par les Espagnols : il les mit en fuite.
Maïs il oleura une victoire qu’il payoit du sang de son neveu. Ce jeune
Seigneur périt furie champ de bataille, également regretté des soldats & Sidneì
du Général. Mais est - il des pertes donc un ambitieux ne puisse être con- neveu 'dufolé par l’accroiflèment de fa puissmee ? Celle du Comte devenoic de jour Comte decn jour & plus solide & plus odieuse. 11 s’étoit tellement rendu maître P^ ice ft re *des Etats, que malgré les remontrances de cette assemblée, il donna le e ‘ tué '‘Gouvernement du pays de Veluw, à Roland d’York, & celui de D éventerà Guillaume Stanley, que la voix publique accusent tous deux de trahison.
•On fe plaignoit encore de la mauvaise administration des finances, du choixdes Receveurs presque tous étrangers, de la décadence du commerce, deTome XLIP. M