OU DES PROVINCES UNIES , Liv. XXXIII. Seôt. IX. 109
fi- tenta ensuite l’attaque de l’ile de Voorn , mais il s’enfuit à l’ap- Hìst. deproche du Comte de Hohenlo. Tant de mauvais succès , les fréquen- Hollande,tes séditions d’une armée mal payée & surtout les discours injurieux parlesquels on accusoic le Duc de Parme de tous les malheurs de la guer-re , enfin l’imprudence qu’il fit de ne point changer d’habit, étanttombé dans la Dille , toutes ces causes réunies accrurent des symp-tômes d’hydropisie qui s’étoient déja déclarés.
Le Duc alla prendre les eaux de Spa, abandonnant le commande-ment de son armée , & le gouvernement des Provinces conquises àMansfeldt & à son fils Charles , jusqu’à ce que Richardot, qu’iíavoit envoyé en Espagne , l’eût justifié aux yeux de Philippe & delà Cour. Un nommé Jean de Mora, étoit Pennemi secret qui rendoitcompte au Roi de toutes les sautes réelles ou supposées du Général.
Ses lettres furent interceptées par Maurice qui par un mouvement Trait de
généreux, indigné contre la calomnie qui cherchoit à noircir un ennemiqu’il estimoit , les lui envoya. Le Duc ne donna au Prince aucun Mauricetémoignage de reconnoiflance ; il se contenta d’inviter Mora à un festin.
Ce dernier s’y rendit,, tomba malade en sortant de table & mourut. Unhomme sans mérite & fans talent, qui parvint tout à coup à des em-plois distingués , fut accusé d’avoir été le ministre de la vengeanced’Alexandre.
Cependant lé Marquis de Varrabon , après s’être emparé du châteaude Blyembek , s’avançoit vers Rheinbergen ; mais Schenk secourut cetteville à propos. II battit Verdugo , & tout fier de cette victoire il cou-rut à Nimegue , qu’il comptoit surprendre à la saveur des ténèbres. SaCavalerie avoit pris les devans-; pour lui, il s’étoit mis avec son infante-rie sur des ponts de batteaux. Il arriva en esté t au milieu de la nuit àun endroit , où la ville n’avoit d’autres défenses que les eaux du Vahal :ses troupes descendirent aussitôt, elles dévoient se saisir de la premieremaison, se répandre de-là dans la ville, & ouvrir la porte à la cavaleriequi étoit déja fous les murs : mais une noce, qu’on avoit célébrée danscette maison, y avoit attiré une foule de soldats & d’habitans, qui son-nèrent l’alarme , éveillèrent leurs compatriotes endormis & les raílèmble-rent. On avoit pris les armes que le hazard avoit présentées ; le périlredoubla les forces des Nimeguois, & les soldats de Schenk enveloppésde toutes parts, succombant sous la multitude , se retirèrent en désordrevers la rivière. Envain leur Général s’efforça de les rassurer & de lesmener au combat ; pour comble de malheur la rapidité du fleuve avoitemporté leur pont de batteaux fort au dessous du lieu où ils étoient abordés.Ils se jetterent dans des barques qu’il s trouvèrent fur le rivage,mais dent.la foibleíîè accablée sous un tel fardeau , les engloutit avec elles dans la riviere.Leur intrépide Général y périt comme eux. Sa bravoure étoit fa feu-le vertu, si toutefois c’en est une. Son indulgence laissoit une libre car-rière à la licence des soldats ; rien n’égaloit l’amour qu’ils avoient pourlui, si ce n’est la haine du peuple qu’il s’étoit attirée par ses violences.Sou corps fut longtemps exposé aux insultes du peuple. II resta même
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Schenkveut sur-prendreNimegue :il efl re-poussé parles ha bi -tans .
Mort deSchenk>