ioS HISTOIRE D E HOLLANDE
Sect. IX. offres d’un pardon dont ils se défioient, & bravèrent les forces que le Princeà Maurice rasièmbla pour les faire rentrer dans le devoir. Ils se défendirent15840593. avec un coura g e digne d’une meilleure cause. Cependant Iorsqu’ils virent
__! les ouvrages ruinés, les maisons découvertes, Maurice prêt à donner Tas-
saut, ils réviterenc en entamant une négociation qui traîna en longueur,.Wingfeld, leur Commandant, profita de ce délai pour faire approuver parses soldats, la trahison qu’il méditoit depuis longcems avec son beau-srereWilloughby : Foyez-vous , leur dit-il, ceux* ci dont l'artillerie abattu,nos murailles avec la même violence , qu'ils auroient employé pour forcerquelques villes du parti contraire. Sachez que nous ne leur sommes pasmoins odieux y que fi nous étions leurs ennemis déclarés , <Sf lorsqu'ils s'a »vancent les armes à la main en nous menaçant , vous devez croire qu'iln y en a pas un seul entre nous que leur vengeance ne destine au dernier,supplice. Mais de cet autre côté , vous voyez des gens qui ne souhaittent que notre bonheur (f près de qui nous sommes toujours sûrs d'obte-nir Içt récompense de nos. services. C'efl donc à vous de résoudre fi vousvoulez hasarder vos têtes en rendant cette place à l'armée des Etats , oufaire en cette rencontre un plaisir signalé à un Prince qui fçaura lereconnoítre. Les Anglois s’éerierent aussitôt qu’il falloit recevoir dans les.murs les enseignes Espagnoles, Maurice leva le siégé, & se contenta deleur écrire de loin, comme s’il avoit plus compté fur l’effet de ses lettres,,que fur celui de son artillerie. Mais elles eurent le fort qu’il en auroit dûattendre, celui de servir de jouet à cette soldatesque effrénée. Le Duc deParme leur parloir un langage qu’ils entendoient beaucoup mieux & leurpromettoit l’ancienne solde qui leur étoit due par les Etats & de nouvellesgratifications. Us lui remirent la ville au mépris de leurs sermens, & desordres d’Elisaberh. Le Duc de Parme, qui avoit paru plongé dans la tristessela plus profonde depuis le désastre de la flotte , reprit toute fa fierté,lorsque da haut des tours- de Gertrudembergil put contempler cesvastes pays où il n’avoit pas encore porté le flambeau de la guerre,& qui étoient maintenant ouverts à fa valeur, (t) Sa. joye l’aveugloicau point qu’il confia le foin de fa sûreté à ces mêmes Anglois dont ilIntpru- connoissoit la perfidie. Peu s’en fallut qu’il ne fût la victime de fa
dence du confiance imprudente ; car il fe forma parmi les Anglois une faction,
^arme a P r ^ s avo * r * a ville , vouloir le livrer lui - même aux Con*
fédérés, & recevoir des deux partis le prix de. cette double trahison.Mais la présence de Tannée intimida ces perfides, la plupart retournè-rent en Angleterre, d’autres rentrerent fous l’obéiflànce de la République,plusieurs s’enrôlerent fous les drapeaux Espagnols, mais ils n y trouvèrent quele mépris qu’inspire la trahison.
Cependant le Duc de Parme avoit résolu d’accélérer les progrès deson armée, & d’ajouter à la conquête de Gertrudemberg celle de plusieursvilles voisines ; mais il fut mal servi par la fortune ou par les hommes. Mans-> feldt qui alla assiéger Heusden, fut chassé de ses retranche mens par Maurice..
(1) Grot.. Hitt. Lib. L.