OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. Sect. X. 155
Arminiens présentèrent des remontrances aux Etats Généraux ; ce qui leur mst. defit donner le nom de Remontrans. Leurs adversaires en présentèrent aussi; Hollande,ce qui fit changer leur nom de Gomaristes en celui de Contre-remontrans. *293-1648,Ceux-ci prétendeient que Dieu par un décret éternel & absolu, avoitarrêté quels hommes seroient sauvés, quels hommes seroient damnés; que Opinionssuivant ce décret quelques-uns étoient attirés à la foi & à la piété, tandis des deuxque Dieu iaissoit les autres ensévelis dans leur misère & dans leur impiété. P artts -Les Arminiens soutenoient: 1. „ que Dieu avoit résolu de toute éternité„ d’éiire & d’appeller à la vie éternelle ceux qui, par sa grâce, croiroienc„ en Jésus-Christ, & qui persévéreroient jusqu’à la fin dans la foi & dans„ l’obéistànce , & de réprouver & de rejetter à la damnation étemelle„ les incrédules, & les impénicens; 2. que J. C. étoit mort pour tous,
„ de façon cependant qu’il n’y avoit que les croyans, qui fussent vraiment„ réconciliés par fa mort ; 3. que l’homme n'avoit point la grâce fanc-
„ tissante par lui-même, ni par son libre arbitre, mais que, pour l’ob-„ tenir , il avoit besoin de la grâce de Dieu èn J. C. ; 4. que cette
„ grâce étoit le commencement, le progrès & l’achevement du salut des„ hommes que c’étoit à elle qu’il falloit attribuer toutes les bonnes„ œuvres , que cependant elle n’opéroit pas irrésistiblement ; 5. que la
„ grâce de Dieu donnoit au vrai fidèle des forces suffisantes pour fur-„ monter le mal , que cependant un vrai fidèle pouvoit, par fa propre,, faute, s’éloigner entièrement de Dieu & perdre la grâce (i).’’ On eucl’imprudence de rassembler les Docteurs des deux partis pour les fairedisputer ensemble & les accorder. C’étoit rapprocher les tisons, pour Lim.161t.éteindre le feu ; nous ne connoistòns point d’exemple d’aucune conférenceoù des Théologiens d’avis contraire fe soient accordés: chacun y portela ferme résolution de ne point changer d’avis, de ne rien céder,d’exposer ses raisons avec véhémence, & de ne point écouter celles deses adversaires.
Tandis que l’on s’occupoit très sérieusement de ces ridicules querelles, Mot t dela France plongée dans le deuil pleuroit le meilleurs de ses Rois, dont Henri IF,les jours, si longtemps menacés par deí^fanatiques, venoient d’être termi-nés par un monstre, qui croyoit servir Dieu en égorgeant un Princebienfaisant, qui étoit son image fur la terre. Le Régicide fut toujoursl’ouvrage d’un faux zele religieux. Un attentat de cette nature ne peutêtre entrepris, que par un scélérat imbécille, qui fe dévoue à un suppliceinévitable, & à qui d’habiles imposteurs ont fait voir la palme du martyresuspendue sur son échaffaud.
Les Provinces-Uriies perdoient dans Henri IVun allié puissant; plusieurs Ann. i6i*.difoient un protecteur dangereux & capable de les asservir. L'ArchiducMathias, qui les avoit gouvernées, avoit été appellé à la couronne impé-riale: c’étoit un ami que les Etats Généraux avoient en Allemagne, maisun ami plus redoutable -, qu’un foible ennemi. Cependant les querelles Ann. 1613.théologiques n’étoient pas éteintes. Les Magistrats demandoient la paix;les prêtres vouloient la guerre; les grands changeoient de parti selon leurs
(i) Brandt Tom. I. L. xix. p. 401.
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