HISTOIRE DE HOLLANDE
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Sgct. X. Les Ambassadeurs de France & d’Anglecerre exhortoient les Etats Géné-Hist. de raux à conclure du moins une trêve de quelques années ; le projet étoicconforme à leurs intérêts; il l’écoit aussi à l’ambition de Henri IV, quiavoit fur cette République des vues moins favorisées par les circonstances,mais plus faciles à réaliser par ion génie & son courage, que celles qu’a-voit eues le Duc d’Anjou. Au reste, il ne cherclioit point à conquérir lesPays-bas par ses armes, mais à les subjuguer par ses bienfaits, (s) O’Ol-denbarrevelt fut depuis accuse de les avoir acceptés; & soutint que c’écoitle prix des services qu’il avoit rendus à la France & non le gage d'unetrahison. Maurice failoit jouer tous les reílòrts de fa politique pour pro-longer la guerre. II écrivoit aux villes Confédérées, il s’y présentoir, ilparloit avec énergie; mais la Hollande & la Zélande étoienc les seulesProvinces, qui parruíïènt entraînées par son éloquence. Le Grand Pen-sionnaire accusé de perfidie par les partisans de son rival, descendit deson rang. puis y remonta,.paraissant céder dans la premiere démarche à lapuiílànce d’une cabale ennemie, dans l’autre au vœu de toute la nation. EnfinTfève de après bien des Négociations, la trêve de douze ans fut signée à Berg-op-Zoomdouze ans. lé 9 Avril & publiée à la Haie. La Maison de N assau qui accusoit d’Olden-àa. 1609. barnevelt de s’être laisse corrompre par Henri IV, accepta de la Maisond’Autriche une indemnité, pour les avantages dont la guerre la privoit.Les mécontens jugèrent que la guerre ne devoir jamais être lucrative pourle Général, mais pour la Patrie, & quelquefois pour le soldat; que cetteindemnité étant une pension annuelle , la crainte de la perdre pouvoirengager les Princes de Nassau h favoriser le parti Espagnol. On congédia lestroupes, & l’on négligea trop cette sage maxime, que, pour conserver lapaix il faut toujours se tenir prêt à faire la guerre.
Le flambeau de la discorde étoit à peine éteint entre les Puissances, qu’ilse ralluma entre les Docteurs, soit qu’il fût sourdement attise par l’Efpagne,.ou seulement excité par le choc des opinions. Un des effets des guerresde Religion, c’est de donner de l’importance à la populace, & surtout kcette classe de prêtres, si bien désignée par eux-mêmes fous le nom debas clergé, gens qui, pour s’être chargés la mémoire de mots latins &d’argumens de l’école, n’en font ni moins grossiers ni moins turbulens, queTroubles de les artisans qui leur ont donné le jour. Les pasteurs étant divisés, leReligion, troupeau le fut bientôt. Les uns renoient pour Gotnarus , les autres pourArminius; à Leuwarden on cassa les vitres de l’hôtel de ville, on enfonça la.porte, on insulta les Magistrats, toutes choses qui ne démontraient paslequel des deux avoit tort, ou Gomarus- ou Arminius. Le grand tort detous deux étoic d’avoir allumé une espece de guerre civile. Les EtatsGénéraux auraient eú besoin de la prudence du sage Monarque, qui, denos jours, écrivoit à des théologiens fanatiques ; „ Puisque vous voulez„ être. damnés éternellement, je ne m’y oppose pas & ne prétends point,, que le diable s’en fasse faute. Mais ce que je vous défends, c’est de„ troubler l’Etat.” A Utrecht la populace s’empara de la Régence; ilfallut assiéger la ville: elle ouvrit ses portes après une foible résistance. Les,
Çà) Mèm, & Neg. de Jeannin.