GU DES PROVINCES UNIES , Ltv. XXXIII. Sect. X. ífy
On négocioit pendant l’hiver, mais toujours fans fruit. Henri Comte de Hist. deBerg quitta le parti des Espagnols. Le printemps ramenoit les combats Holl.nde.& les ravages. Frédéric-Henri s’empara de Rhinberg; le Comte Guillaume 1 59 3 ~ l6 > 3 .entre victorieux dans Philippine, conquête qui ouvroit la route du Sas-de- ^nu. 1633.Gand. Cette année fut encore remarquable par la mort de I’Infante IsabelleClaire Eugénie, Souveraine des Pays-bas Espagnols: elle n’eût pomt d'en-fans, de forte que ces Provinces retournoient à la Couronne d'Espagne;déja en 1630, le Roi avait disposé de la régence , par une Lettre cache-tée , qu’on ne devoit ouvrir qu’à la mort de cette Princeslè. On y trouvanommés, l’Archevêque de Malines, le Duc d’Arfchot, le Comte de Tiíly,
Dom Carlos Colonia, & le Marquis d’Aitona. Tiíly, qui étoitraort, &le Duc d’Arfclìot qui écoit absent, furent remplacés parle Comte de Fet-ra, & le Marquis de-Fuentes ; mais bientôt le Roi nomma son frété Fer-dinand Gouverneur Général, plus connu fous le nom de Cardinal Infant;il s’y rendit avec une armée de 12002 hommes.
On parut ensuite être las de verser du sang. La campagne de 1634 ne àn. 1634.fut remarquable par aucun événement célébré. Les Espagnols avoientinvesti Mastricht; Frédéric-Henri les força à lever le siégé, en feignantde vouloir entreprendre celui de Breda. L’année suivante n’ossrit que des Ann. 1635.malheurs à la-France & aux Provinces-Unies. Ces deux Puiíìànces s’étoientliguées contre l’Eípagné. Malgré cette alliance les Etats Généraux pardi-rent plusieurs places; & Farinée Françoise presque toute entière périt damisère & de maladies. On'accusa de ce désastre,‘Frédéric-Henri , commes'il fe vengeoit fur les" François de ce qu’un Ministre détesté par eux-mêmeslui avoit voulu enlever la Principauté d’Orange. Toutes les fautes, que la DésastreMaison de Naíîàu avoit reprochées à Finfortuné d'Oldenbarnevelt, n’égaíoient de l'armèepas celle-là. Sa conduite trouva-cependant des panégyristes, & l’on aima franço'se.mieux imputer tout à la négligence de la Cour de France, & à Riche-lieu. (t) Comme ici cette Histoire fc trouve liée à celle de France, nousne> paílèrons que légèrement sor les événemens qu’elle fournit.
Les deux Puiíìànces alliées étoient épuisées. Cependant Richelieu qui ne Ana. 1636.■perdoit point de vue le projet d’abailTer la Maison d’Autriche, & de l’inves-tir de tous côtés, promit tant de secours, & fçut íi bien dissimuler lesobstacles, que l’on-résolut de continuer la guerre, quoique le peuple& les ' commerçans votaífènt pour la paix. En même temps on difputoitaux Angloís la Souveraineté de la mer. On écrivoic en Hollande deslivres tics fçavans, très profonds sor ce sujet: mais le canon des Anglois& la multitude de leurs vaisseaux prouvoient plus que tous les livres.
Les Etats paroissoient si fatigués de la guerre, que non - feulement ils reso-foient de nouveaux sobfides , mais qu’ils votoient pour que les troupesfussent licenciées. Frédéric - Henri menaçoit de remettre son épée dam lefourreau. Charnacé, Ambassadeur de France, s’efforçoit de ranimer-Pamour de la gloire & de la liberté dans les âmes belgiques. Mais lesnouvelles que l’on reçut des Tndes Occidentales firent ‘ plus d’effet que les
sso Vide_Drct. de Bayle, Article Louis XIII. Remarques L. & M. &• notre'Hist.•'■de Erance, loin. XXXI. p. 333. & sàlomé XLlss. y