Buch 
44 (1788) La continuation et la fin de l'histoire de Hollande ou des Provinces-Unies, et le commencement de celle d'Angleterre ou de la Grande-Bretagne
Seite
353
JPEG-Download
 

OÙ DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. §à XÎI. ZZZ

Lorsque les François avoient pris Namur, on avoir fort exalté cette H’fl- deconquête, & on avoir fait des satyres contre Guillaume, qui avec une

armée de quatre-vingts mille hommes , n’avoit pu secourir ■ la place; _ - ’

mais Guillaume eut son tour , il l’attaqua à la vue d’une armée plusforte, que n’avoit été la sienne, & qui peut-être ti’avoit pas les mêmes ob.stades à vaincre (i).

Pendant le siégé, Villeroi reprit Dixmude & Deiníè ; il voulutattaquer Nieuport ; mais le Prince de Vaudemont l’obligea de feretirer ; il marcha du côté de la Mehaigne, feignant de vouloir•attirer les Alliés à une action ; mais le Marquis de la Foreít•attira fes troupes dans une embuscade, & les mit en déroute (2).

Louis pour fe venger du bombardement de fes villes maritimes , Bombarde-■fit bombarder Bruxelles , puniíîànt les Espagnols des insultes qu’il avoir ^BruxcUcreçu des Alliés. Le Maréchal de Villeroi y fit jetter trois mille bom- C 'bes, qui abattirent ou brûlèrent trois mille huit cens vingt maisons,hôtels ou édifices publics. Le Général avoir fait dire au Prince deVergues , Gouverneur de la ville , que , quoique coût fut préparépour le bombardement, il avoir ordre de ne pas Pexécuter , si lesAlliés vouloient promettre de ne plus insulter les villes maritimes de France;mais la lenteur qu’on mit dans les délibérations, fut cause du désastre de* Bruxelles (z).

Les Anglois & les Holîandois retournèrent devant St. Malo, bombarde-dans le deslèin de le bombarder. De soixante-dix voiles qu’ils avoient, d f át ‘vingt-cinq étoient des. galiottes à bombes & trois machines infernales; e f et 9 , ansmais neuf cens bombes jettées dans la ville, ne brûlèrent que douzemaisons, en ébranlèrent quelques autres, & les machines fe consumèrentfans effet.

Les Holîandois enlèveront Pondichery , la feule Colonie que les ExpéditionsFrançois avoient dans les Indes ; les vainqueurs y ranimèrent le dans les ^ n ’commerce. Ils détruisirent les plantations des François en Améri- frïquT&éjique ; celles des Anglois en Afrique, ne furent pas plus épar- Amérique.

gnées par les François, qui désolèrent Terre-Neuve & la Jamaïque.

En Europe les bombardemens continuoienc de la part des AI* Annliés , mais fans succès. Le plus grand avantage qu’ils en reti- Bombarde-

roient , étoic de tenir les côtes en alarmes : quelques ouvrages ex- ment de

térieurs de Calais furent emportés, & plusieurs maisons brûlées : Calais.

dommages peu considérables en comparaison de la dépense des pré-paratifs (4).

Le bombardement de Calais avoir pour motif, la vengeance d’uneconjuration contre la vie de Guillaume , découverte au commencementde cette année. Louis XIV avoir encore projetté de replacer Jac-ques II fur le trône d’Angleterre, où il devoir être transporté fur

(O Voltaire, Siecle de Louis XIV. Ch. XVI.

(2) Abrégé de l’Hist. de la Hollande T. III.

f3J cs rere .uaniel, ubi sutira.

U) Abrégé de l’Hist. de la Hollande T. III.Tome XLIF.