OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. Sect. XIII. Z 69
en Catalogne, les succès des Portugais, la prise de Carthagene par les An-glois, la marche triomphante de Galloway à Madrid, que la Reine est forcéed’abandonner, & où Charles est proclamé Roi d'EHagne, Louis soutenoittoujours son petit-fils, qui h son tour, secondé de Berwick, força les An-glois de sortir de fa Capitale & de fe retirer vers Valence. ’ Mahonyqui défendoit Alicante, capitula, & alla reprendre Carthagene. La fermetéde Louis XIV étoit soutenue par celle du Roi d’Espagne & surtout de laReine, par les Espagnols eux-mêmes, qui reçurent Philippe avec transport,lorfqu’il retourna triomphant à Madrid, par les succès de Berwick, dontla victoire remportée à Almanza, rendit la Province de Valence à Phi-lippe (1).
Villars étoit en Allemagne, il avoit fait lever le siégé de Fort-Louis &mis le Palatinat à contribution; il avoit surpris les lignes de'Stolhoffen,avoitpénétré au cœur de l'Allemagne, s’étoit emparé du Duché de Wurtemberg,avoit poussé des partis jusques au-delà du Danube. Ces avantages furentsacrifiés à la nécessité de feèourir la Provence & le Dauphiné, qu’Eugene &le Duc de Savoie menaçoient; on fit venir au secours de ces Provinces, unepartie de l’armée de Villars. Forbin qui avoit remporté fur mer quelquesavantages, tenoit en respect les Flottes Angloife & Hollandoife, qui me»toient en allarmes les côtes de France en les menaçant d’une descente.
Louis XIV envoya le Duc de Bourgogne prendre le commandement del’armée de Flandres, dont le Duc de Vendôme étoit néanmoins le vraiGénéral; mais la réputation qu’il s’étoit si justement acquise en Italie, setrouva étrangement compromise par les conseils du jeune Prince. Gand,Bruges & Plalîèndal ouvrirent leurs portes, par les intelligences que Louisavoit dans ces places : on marcha à Oudenarde pour en faire le siégé.Marlborough & le Prince Eugène avoient passé l’Escaut. L’Armée Fran-çoise rencontra cdle des Alliés, lui présenta la bataille & fut mise en dé-route. Le jeune Prince de Nafiau, à la tête de son infanterie , rompitplusieurs régimens françois & les mit en désordre: il contribua beaucoupà la victoire (2) : il y eut peu de morts, mais les Alliés firent sept milleprisonniers. Les François fe retranchèrent derrière le Canal, qui passeentre Gand & Bruges & eurent le tems de faire entrer leurs équipagesdans Gand & de ravager le territoire de Cadfand. Malgré la belle défensedu Maréchal de Bousiers, Lille qu’Eugene aífiégeoit, capitula, & avant lafin de la campagne , les Alliés étoienc maîtres de Gand, Bruges, Plaílèn»dal & Leísinghem.
Le Prince de Naíîau qui s’étoit distingué à la bataille d’Oudenarde, n’a-voìt que vingt ans. Ses belles qualités n’avoient pas rendu les Etats Géné-raux plus favorables"à son entrée au Conseil d’Etat. Lorfqu’il approchade fa vingtième année, les Provinces de Hollande, de Zélande, d’Utrecht& d’Overyíîèl, avec l’acceffion de la Gueldre & le consentement de Gro-ningue, déclarèrent que les Stadhouders d’une ou de deux Provinces, nepourroient à Favenir avoir entrée au Conseil d’Etat, lorsque les autres
( t) Volt. Siecle de Louis XIV, Ch. XIX.
(2J Abrégé de l’Iíist. de ia Hollande & des Prov, Unies.
Tome XLIF > Aaa
Hist. deHollande.
1697 » ;»/-
ques à tiOSjours.
Désastresde LouisXIF& desFrançois .Fermetédu Roi.Ann. 170/.
Succès dtVillars,
Ann. 1705.
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Succès desAlliés,