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44 (1788) La continuation et la fin de l'histoire de Hollande ou des Provinces-Unies, et le commencement de celle d'Angleterre ou de la Grande-Bretagne
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OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. Sect. XIII. 383

„ Les sectes des Whigs & des Thorys (*} partageoient le Royaume,» d’Angleterre. Les Whigs tristes, quoiqu’indépendants, plus rigoristes„ que réguliers & toujours violens, avec un maintien froid, ne s’occupe*„ rent qu’à contrarier la Cour; ennemis de toute autorité, ils ne tiraient„ leur considération que de leur désobéisiànce ; frondeurs par humeur, ils„ haïsioient par goût, crioient à la persécution, quand ils a voient le dessous,„ & perfécutoient d’abord qu’ils dominoient.

„ Les Thorys, au contraire, attachés au parti des Rois, vouloient trop„ en étendre la puiíîance: flatteurs par état, ils envifageoient plus leur in*„ térêt personnel que la gloire du Monarque, lui faifoient des piégés de„ ses propres passions en les favorisant, dégradoient son pouvoir en l’ame-„ nant au point de décréditer fa personne. Quand le Prince est méprisé,„ le Trône est avili, & trop souvent fes droits fe perdent avec l’estime de„ son Peuple.

„ C’étoient les Whigs qui avoient attiré le Roi Guillaume, qui l’avoient„ placé fur le Trône & qui occupoient les grands emplois. La Reine les,, y auroit laissés fans doute ; mais la fermentation perpétuelle de leurs,, esprits, suscita un nommé Sacheverel, prédicateur plus ardent qu’éclairé.„ 11 déclama ouvertement contre la Puiflànce Royale, & révolta au lieu de„ persuader. Ses Sermons furent condamnés ; les Whigs le soutinrent &„ leur intervention vint de l’ivresse d’un faux zèle. L’espric de parti est„ trop violent pour n’être pas mal-adroit. Harley mit à profit leur impru-„ dencè, fe servit d’une femme de la Reine, nommée la Hille, pour lui„ faire sentir combien ils étoient ennemis dei Rois : cette Princesse ouvrit„ les yeux; Godolphin fut disgracié: Harley devint Grand-Trésorier, &„ St. Jean, Secrétaire d’Etat. Le Parlement fut cassé; le crédit de Mari-„ borough tomba & la faveur pasià du côté des Thorys.

„ Marlborough moins citoyen, qu’homme de guerre, perdoit par son,, manque de vertu la gloire qu’il acquérait par fes talens : fes victoires épui-„ soient les finances de I’Etat, mais augmentoient les siennes. Hypocrite„ dans son maintien & faux dans fes discours, il attestoit à chaque instant„ Dieu qu’il ne croyoit pas, paroiíîòit soupirer après la paix qu’il éludoit,, toujours. II épropva que la Renommée publie les vices d’un Général,, avec fes triomphes. Louis XIV. lui fit l’assront de lui faire offrir jusques„ à quatre millions pour vendre fa patrie. Marlborough démasqué fut dé-», chu de toutes fes charges, accusé de péculat, ses titres furent effacés:,, on ne lui laiíîa que fes richesses, comme le monument de fa honte. Sa„ disgrâce allarma la Hollande ; elle perdoit en lui le chef de fes entrepri-„ fes. La Reine songea plus que jamais à finir la guerre.

„ L’abbé Gauthier, fils d’un marchand de St. Germain en Laye, simple„ Chapelain du Maréchal de Tallard, tirait parti de son obscurité pour s’in-„ struire en secret des vues de l’Angleterre. Son peu de conséquence„ écartoit de lui les soupçons: son esprit doux & liant, son caractère égal,„ f°n ame honnête attiraient la confiance, & ce fut moins par fes intrigues„ stue par fes vertus sociales, qu’il devint l’agenc secret de la paix, Les

(U Histoire manuscrite de l’Abbé de Voisenon.

Hi(t. deHollande.

1 697,/'«T 1qnes à nosjours.

Les Whigs.Les Thorys.

DisgrâceSP carade-re de Marl-borough.

Agens dela France& de P An-gleterrepour lapaix.%'AbbtGauthier.