OU DES PROVINCES UNIES, Liv. XXXIII. Sect. XIII. 38?
Tte point attendre la mort de la Reine. On le prioit de prendre pour son Hijl. deGénéral, le Duc de Berwick; on lui traçqic la route qu’il devoit suivre & ^ ol L an £csur laquelle seroient les troupes qu’il devoit prendre. La Reine fut informée q^sino'sde ces correspondances & lui fit l’honneur de le craindre. Elle prit tou- jours.tes les mesures poífibles pour prévenir les projets de ce Prince, plus mal- ————heureux que redoutable.
Louis XIV. ne voulut tirer aucun avantage de ces factions : il n’en re-mit pas moins la cession de St. Christophe & de l’Acadie avec des lettres %
adressées aux Gouverneurs du Canada & des Isles Françoifes, pour mettre Terre-neu.les Anglois en poste filon de l’Acadie, de Terre-neuve & de la Baye d’Hud- ve <SfV.son. L'article du Commerce étoit un de ceux qui occupoient le plus laFrance & l’Angleterre. „ M. Ménager plaidoit depuis longtems la cause„ de la France; il avoit même eu plus d’une discussion avec le Maréchal„ d’Uxelles, qui ne pouvoit comprendre que la paix tut accrochée par la„ pêche de la morue; il possédoit les talens & l’esprit d’un grand Politique;
„ mais, comme tous les gens de Cour, il avoit le défaut de n’être pas in-„ struit; il n’envisageoir que la gloire extérieure de l’Etat, sans prendre„ garde à ce qui causoit sa richesse ; il ne se doutoit pas que la permiísion,, de pêcher fur les côtes de Terre-neuve, est un objet d’un grand nombre,, de millions, & de plus le seul moyen peut-être de former des matelots;
,, il croyoit qu’une victoire auroit été plus décisive, il ne favoit pas qu’un„ seul article obtenu en faveur du commerce, vaut souvent mieux qu’une„ bataille, & ne coûte point d’hommes.”
M. Ménager étoit secondé par Mrs. Anisson & de Fenelon, distinguési’un & i’autre par leurs lumières; il donna un mémoire qui servit d’instruc-tion aux Commissaires de Londres. Ce ne fut qu’après bien des discussionsque les affaires concernant le commerce & la navigation, entre la France& l’Angleterre, lurent terminées ; mais ces détails qu’on peut voir ail-leurs (1), nous meneroient trop loin. Nous nous bornons à donner ici ^ aix â-l’énumération des Traités qui furent signés à Utrecht dans le courant de Fan-née 1713 (2). Le Traité de Barrière entre l’Angleterre & la Hollan- tés.de, signé le 29 Janvier. Le Traité dont nous avons parlé, pour l’évacua-tion de la Catalogne & la neutralité de l’Itaîie, du 14 Mars. Traité avecle Portugal , touchant les possessions hors d’Europe. Traité entre le Roide France & le Roi de Pruffe : par les 7 & 8 articles, le Roi en vertu dupouvoir qu’il a reçu du Roi d’Espagne, cede au Roi de Prusse la ville deGueldres ; par le 9. le Roi le reconnaît Souverain de Neufchatel & de Va-langin ; par le 10. le Roi de Prusse renonce à tout droit fur la Principautéd’Orange; par deux autres articles, le Roi promet tant en son nom qu’encelui du Roi d’Espagne, de donner à l’avenir le titre de Majesté au Roi dePrusse, qui s’engage de readre la ville de Rhinberg à l’Electeur de Colo-
f ne. Par le Traité avec la Savoie , les limites de la Savoie & de larance lotit réglées par la sommité des Alpes, & le Roi reconnoît leDuc de Savoie, Roi de Sicile, suivant la cession qui lui en avoit été faite
(l) Voyez Phist. d’Angleterre, & Mémoires de Lamberty Tom, VII,
(2) Abrégé Chronol. de l’hìlt. de France, par le Président Henaut.
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