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44 (1788) La continuation et la fin de l'histoire de Hollande ou des Provinces-Unies, et le commencement de celle d'Angleterre ou de la Grande-Bretagne
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$ECT. XIII-Iìist. de

Hollande.

1697, P‘f~

ques à nosjours.

Descrip-tion de laPaix d'U-trecht.

S 88 HISTOIRE D E H O L L A N D' E

par le Roi d’Efpagne. Le Traité avec VAngleterre, conforme aux préìsominaires signés au mois d’Octobre 17u. Par le Traité avec la Hollande rle Roi, tant pour lui que pour ses Alliés, s’engage de remettre à LeursHautes Puiílànces, en faveur de la maison d’Autriche, suivant le Traité de-Barrière qu’ils feront entr’eux, ce que lui,. ou ses Alliés poífèdent des Pays»Bas Catholiques; &c. il leur remet encore les Duché , ville & fortereílede Luxembourg,. Namur, Charleroi, Nieuport, & s’eagâge de rapporterune cession du Duc de Bavière, de tous les droits qu’il avoit fur les Pays-bas, fous la condition que ce Prince fera rétabli dans ses Etats (i)-

Cette paix fut regardée comme pernicieuse. Quelque Ministre Germa*nique produisit là-dessus les vers suivans :

Compono , ifnpono , concludo , illudo. Quid inde? .

Conclusum , illusum , compofitum , ìmpojìtum.

Finis principio fimilis , fie or do vagatur. ,

Nos dedimus , dabimus , nolumus & volumus *

Conventus nofler ventus , conclusio ludus ..

Ut fuit accefjus , sic que receffus erit.

Il parut aussi une Description de cette Paix, dans laquelle il est aisé'd’en faire l’application à ceux qui la signèrent.. La voici.

,, L’on n’ëntend qualifier par des personnes éclairées la Paix d’Utrechtqu’avec des noms hideux. Ils disent que c'est une Paix , soufflée parle plus dangereux des séducteurs , écoutée par la plus simple des imbe>-cillités, connivée par la plus honteuse des complaisances, projectée parla plus noire des trahisons. Ils la disent commencée par la plus confusedes irrégularités; poussée par la plus atroce des perfidies;. ménagée par laplus fallacieuse des dissimulations; traitée par la plus étourdie des incapacités ;imposée par la plus orgueilleuse des hauteurs; prescrite parla plus énormedes injustices; enfantée par la plus tumultueuse des discordes. Paix con-clue, ajoutent-ils, par la plus rampante des craintes;- souscrite par la plusabominable, des contraintes; acceptée par la plus sordide des avidités ; ap-prouvée par la plus indigne des corruptions ; applaudie par la plus crasièdes ignorances; reçue par la plus sensible des amertumes; gardée par leplus ridicule des misteres. Paix ! qui en tarissant les glorieux ruisseaux dulàng, répandu dans une juste Guerre, ouvre d’abondantes sources de lar-mes ameres aux gens bien intentionnés-, qui prévoyent avec la dernieredes douleurs le périlleux & imminent esclavage de la pauvre Europe.Paix ! que la postérité ne sauroit regarder qu’avec la plus détestable deshorreurs. Paix ! dont l’ignominie ne pourra pas en insinuer la moindrevraisemblance dans les siécles à venir. Enfin Paix, dont le doux nomnaturel de bénédiction est malheureusement tourné en un affreux abusde malédiction, dont les feux de joye ne doivent servir, que de triste bû-cher aux squeletes décharnés de Texpirante Liberté de l’Europe, & pour,

£0 Abrégé Chron. de l’Hist. de France, du Président Henaut, 1713.