OU DES PROVINCES UNIES Liv.. XXXIII. Sect. XIII. 507
La Gouvernante qui sur ces matières prenoit les opprimés sous íà fíìst. <Teprotection, & qui regardoit tout accusé comme opprimé , jusques à ce Hollande,qu’elle fût convaincue que Faccufé étoit véritablement coupable , se dé- 1 697 J»./*clara en . saveur d’un Ministre Luthérien deLeuwarden , .contre la foule ”° S
d’ennemis que son mérite lui avoit suscités. Le .savant- Muller avoit de 1 _■
grands talons pour la chaire, & une probité à touce épreuve: on .Faccusa Mullerde plusieurs erreurs, on le peignit à son troupeau de couleurs odieuses, persécuté.La protection d u Souverain , des Magistrats & de tous les honnêtesgens, rendoit ses ennemis encore plus furieux. Les Luthériens avoientjuré fa perte; il se forma des partis pour & contre lui, & cette querelleeut pu aller très soins, si la Gouvernante ne fût parvenue à l’aísoupir. Lesennemis de Muller dissimulèrent, en attendant qu’il se présentât une oc-casion plus favorable ; mais il fut appellé à Erîang pour y remplir unechaire de philosophie.
Dans ces querelles idéologiques, la Gouvernante aimoit mieux céder g ,uerelietquelquefois, que d’irriter le fanatisme. La Régence de Rotterdam avoit du clergénommé un Ministre , qui jouissoit de l’estime publique. Le Consistoire & d s letcasià la nomination sans en alléguer aucun motif. La Régence la sou- ^tint. La guerre fut déclarée entre la magistrature & le consistoire. L’af-faire fut portée aux Etats de Hollande, qui maintinrent la nomination:malgré cette décision. Téglise de Rotterdam persista dans ses refus. LaGouvernantequi prévit les maux qui alîoient résulter de ces divisions ,engagea la Régence de ne pas aller plus loin , & se chargea de la for-tune de l’honnête ecclésiastique, qui demeura exclus.
Cette Princesse regardoit comme un bien plus important à l’Etat, lesprogrès des arts , parcequ’ils influent essentiellement fur la félicité publi-que, souvent altérée par les disputes tbéologiques. Elle les excitoit par Moulin »des saveurs multipliées. Ferdinand Opdam , charpentier. & constructeur dessécherde moulins, à Wassenaar , avoit imaginé un moulin à dessécher les ma- lcs marais ’rais : on en parloir comme d’une invention très utile. La Gouvernanceen passant à Leyde, voulut le voir & en juger par elle - même ; elletrouva cette machine très-ingénieuse , quoique fort simple & de la plusgrande utilité. Elle témoigna íà satisfaction à l’inventeur, par des ré-compenses & par des exhortations à continuer ses recherches. Les Etats Récompen <de Hollande jugèrent de cette invention comme la Gouvernante, l’adop- fé.terent, donnèrent à Finventeur, une gratification de mille ducacons & luiaccordèrent un octroi pour vingt ans.
Malgré fa neutralité, la Hollande se ressentoic de la guerre que fe fai- Ann. 1757.soient ses voisins. Les corsaires Anglois & François déiblosent son com-merce. Les Anglois surtout fembloient affecter d’infulter à la nation: ils Mau ^ne se contentoient pas d’enlever les vaisseaux Hollandois,ils failoient essuyer %l C jngioísaux équipages des traitemens cruels. Sur les-représentations multipliées envers lades compagnies de commerce & des principaux négocians, les Etats Gé- Répubtí~néraux firent faire par leur Ambassadeur à la Cour de Londres des plain - <ìue 'tes, des outrages faits à leur pavillon, par une Puiíîance leur alliée,qui n’avoit reçu d’eux aucune espece de mécontentement. Le Roi d’An-gleterre leur fit répondre qu’il ne fouffriroit jamais que les Holiandois,
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