Hijì. d’An-
gleterre.
Introd.
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l’intérieur. Les premiers font Louth , D o von , Anirìm , Londonâery &Tyrconml: les autres font Tyrone , où il fe trouve un grand nombre demines de fer; Armagh , dont le terroir est si fertile, qu’on prétend qu’ilest inutile de le fumer; Monaghan , Fermanagh , & Cavan , aufll trèsrenommé pour la fertilité de Ion fol & l’abondance de ses pâturages.
De toutes ces Provinces , la moins considérable, mais non la moinsfertile. en bleds—& en pâturages , c’est la Province de Connaught ouConnacie, par laquelle nous terminerons cette description géographique.Elle ne comprend que cinq Comtés; Slego au Septentrion, IVIayo , Gal-loway , dont la Capitale est regardée comme une des meilleures villesd’Irlande , par fa beauté , fa grandeur & la richesse que son commercelui procure: située fur un canal qui communique à une grande baye, sonport est très fréquenté, surtout par les Espagnols & les Portugais. Lesdeux autres Comtés n’ont absolument rien de remarquable ; ils se nom-ment , l’un Roscommon , & l’autre Letrim . Ce dernier renferme pourtantdans ses montagnes des mines de fer, qui font d’un alsez grand produit.
Telle est en abrégé la description & la situation topographique destrois Royaumes, qui forment celui qu’on nomme Grande-Bretagne. Nousn’avons rien dit de leur antiquité , parceque nous aurons occasion d’enparler dans le corps de l’ouvrage. Quant à P Angleterre proprementdite, qui fait l’objet principal de cette histoire, il n’existe point, & peut-être il n’y eût jamais de Nation qui ait offert des fcenes plus variées,des caractères plus divers, plus attachans. Quel spectacle en effet pluscapable d’instruire & de surprendre l’efprit humain, que celui d’une Nationqui, depuis plus de dix siécles, s’affermit au milieu des orages, des fac-tions , des mouvemens tumultueux qui n’ont presque jamais cessé de l’agi-ter! Quel spectacle peut être aussi intéressent que celui d’une Nation qui,plus facile à s’émouvoir que les flots de la mer qui l'entoure, assure lastabilité de fa constitution, fa gloire & fa grandeur fur son indépendance,& celle-ci fur la perpétuelle inquiétude du caractère national ! Défen-due d’abord «Sc ravagée ensuite par les Romains, qui la réduisirent en Pro-vince de l’Ëmpire; secourue & accablée par les Pictes, qui en usurpè-rent la domination ; vengée & subjuguée par les Saxons, envahie par lesDanois, soumise «St gouvernée par les Normands, quelle Nation, depuisla plus ancienne réunion des hommes en société, a vu plus fréquem-ment changer ses mœurs, ses loix, son gouvernement & ses useges?
Quoiqu’en disent la plupart des Historiens modernes, qui veulent quel’on regarde Guillaume le Conquérant comme le fondateur de la Mo-narchie Angloise, nous avons cru devoir donner cette place dans laliste des Rois à Egbert, qui réduisit les sept Royaumes de l’Heptarchieen un seul, & qui par ses travaux, ses vertus, ses victoires, íçut mériterle respect , l’amour & la confiance de ses sujets qu’il rendit heureux.Mais ses successeurs, du moins le plus grand nombre, furent bien éloignésde marcher fur ses traces. L’un portant fur le trône l’indolence du cloî-tre d’où il fort pour regner, les préjugés & l’inexpérience de l’étatmonastique, cede fans résistance aux efforts des Danois qui envahisiènt fe*Etats, se dépouille des marques de la souveraineté, s’éloigne des côtes