D 1 ANGLE TERRE, Liv. XXXIV. 53,3
En effet, le régné de ce Prince connu sous le nom de Henri VII, Híft. d’An-n’offre presque toujours qu’un tissu de conspirations, de mécontentemens, guerre,de séditions, de guerre; mais aussi on volt toujours le Monarque triotn- IiItrod -pher des obstacles , & lutter avec avantage contre les factieux. C’estdans le sein de ces orages qu’on apperçoit la Constitution Britanniques’affermir, & Henri féconder , par des vues de politique, les vœux dela Nation , le zele & les heureuses tentatives de la Chambre des Com-munes en faveur de la Liberté. Tandis qu’il ne semble occupé que dusoin de découvrir & de déconcerter les conspirations qu’on forme contrelui, des moyens de combattre & soumettre l’Irlande impatiente de se-couer le joug Anglois, d’abattre les chefs de la faction d’Yorck, & Ras-surer le sceptre à ses descendans, on le voit tout à coup prendre la voiela plus sûre d’abai/ser la Noblesse, par une puistànce intermédiaire, qu’ilne prévoir sans doute pas devoir un jour contrebalancer l’autorité royale»
Cette heureuse révolution achevs d’applanir les obstacles qui arrêtent en-core les progrès de la Liberté. Dès-lors Henri n’a plus de conjurations,à combattre, de conspirations à punir; les Grands le redoutent, le Peupleprévient lès desseins, le Parlement lui accorde plus qu’il ne demande ;.enfin il semble n’avoir plus à espérer qu’une vieillesse tranquille, lorsquela mort met fin à son régné. Henri emporte au tombeau le surnom glo-rieux de Salomon tTAngleterre , dont il étoit digne par la justesse de sonjugement, par l'adresse de sa politique, la sagacité de sa pénétration, &la sagesse des moyens qu’il employoit.
Tout entier à ses passions, ne songeant qu’à les satisfaire, à contracterdes mariages, à faire autoriser ses divorces & à récompenser les ministresde ses plaisirs & de ses vengeances, Henri VIII perd toute la prépondé-rance que le trône sembloit devoir acquérir fous son régné. Solemnelìe-ment marié avec Catherine d’Arragon, mais éperdument amoureux d’Annede Boulen , il prétexte des motifs de religion fur lìliégalité des nœudsqui le lient avec la veuve de son frere. Le Pape refuse de les dissou-dre : Henri , entraîné par sa passion, s’obstine & brave les foudres duVatican ; cet amour irrité pour Anne de Boulen devient la. source desexcès & des actes de cruauté qui ternissent le reste du régné de cePrince. Telle est aussi la. mémorable origine de la Réformation du cultedans la Grande-Bretagne , dont nous donnons un détail íuffisammenscirconstancié dans le corps de cette histoire^
Vertueux, doux, bienfaisant, Edouard VI, qui succède à Henri VIII,.occupe trop peu de tems le trône, pour pouvoir remplir aucun des pro-jets que son patriotisme lui inspire. Seuleménc il parvient à faire casses& annuller par le Parlement le formulaire de croyance, publié parHenri VIII, auquel il fait succéder de nouveaux dogmes; ensorte qu’entrès peu de tems l’Angleterre fut étonnée de se trouver Calviniste. Sasurprise devient bien plus grande , lorsqu’elle apprend l’horrible perfidieda Duc de Northumberland, Comte de Warvvickqui, comblé des bien-faits d’Edouard, & dévoré du désir de regner, empoisonne son bienfai-teur Dans-la vue de fixer la couronne, dans fa maison, ce. traître avoir
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