HISTOIRE
ffifi. d'An.
gletcrre.
Introd.
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marié son fils avec Jeanne Grey, fille aînée du Duc de Suffolck & deFrançoise Brandon, appellée par le testament de Henri VIII à la succes-sion du trône après la mort d’Elisabech. Mais à peine Marie , sœur.d’Edouard, a succédé à son frere, qu’elle combat & dissipe la faction deWarwick , fait prisonnière Jeanne Gray, que son beau-pere avoit faitproclamer Reine, & qui dépose le sceptre avec la même indifférencequ’elle l’avoit reçu. Victime des complots du Duc de Northumberland,cette malheureuse Princesse périt sur un échaffaud , regrettée de tous lescitoyens, excepté de Marie , qui n’est pas assez généreuse pour lui par-donner une démarche involontaire , & qui peu d’années après se désho-nore de nouveau par le supplice de huit cens Réformés que son intolé-rance immole.
L’Angleterre agitée par les disputes de religion , toujours cruelles &toujours meurtrières, respire enfin sous le régné de la sage Elisabeth qui,fatiguée des horreurs du fanatisme, n’est pas plutôt affilé fur le trône ,-qu’elle se montre supérieure à son sexe , & fonde sa gloire sur le bon-heur de sa nation. Vainement l’ambition, la haine, l’envie & le fanatis-me se soulèvent contre elle : tranquille au milieu de forage , Elisabethconfond, terrasse, abat ses ennemis, fait trembler l’Ecoííè & l’Eípagne,brave & rend impuisiàntes les foudres de Rome ; son palais est l’afyledes Princes malheureux , & fa cour est le centre des négociations lesplus importantes. Les Hollandois trop longtems opprimés implorent sonsecours, & elle les aide à briser le joug de l’Espagne , & k fonder unePuissance formidable, depuis la plus utile & la plus fidele alliée de l’An-gleterre. Tandis qu’Elisabeth ramene dans ses Etats les délices de lapaix, la douceur des beaux arts, l’abondance & la prospérité , l’Europeentiere retentit du bruit de ses victoires. Ses guerriers & ses Amirauxportant la terreur de leurs armes dans toutes les parties de la dominationEspagnole, envahissent ses ports, s’emparent des richesses qui y sont ras-semblées, étendent dans toutes les contrées de k terre habitée les bran-ches floriíîântes du commerce Britannique , font respecter fur l’océan lenom d’Elisabeth, & la gloire du pavillon Anglois.
Cependant un crime affreux, inexcusable, ternit les talens, les vertus& la gloire de cette Princesse; c’est l’horrible assassinat, mal-adroitementdéguisé par les formes légales, c’est la mort violente d’une Reine, fa pa-rente, fa cliente, fa protégée & son héritière présomptive, l’insortunéeMarie Smart.
Entêté de ses propres idées presque toujours fausses, souvent absurdes,pédant jusqu’à préférer aux plus importantes affaires le stupide plaisir dediscuter des thèses de théologie, soupçonneux & jaloux du plus mincemérite, inconséquent dans fa conduite, fans nulle connoiíìànce des droitsde l'on autorité qu’il confondoic avec la puiílànce arbitraire; assez destituéde prudence & de politique, pour tendre ouvertement au despotisme,mais trop foible, trop timide, pour oser rien tenter de relatif à sesdesseins; formant des vœux bizarres, & toujours contredit dans lès désirs;importun dans ses demandes, & toujours repousse dans ses entreprises;