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44 (1788) La continuation et la fin de l'histoire de Hollande ou des Provinces-Unies, et le commencement de celle d'Angleterre ou de la Grande-Bretagne
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Hifl. c,’An-gleterre.Introd.

53 6 HISTOIRE

& leur prescrit des Ioix , appelle tour à tour la terreur & le fanatismeau secours de fa politique, meurt & transmet paisiblement sa puissanceusurpée à Richard son fils, dont l’indolence enhardit les Anglois, encoreintimidés par l’autorité de Cromwel.

Les factions ne tardent pas à renaître & à déchirer la nouvelle Ré-publique. Les partisans de Charles I & de íà malheureuse postérité se ras-semblent; le désordre augmente, & les Citoyens fatigués des mouvemenstumultueux de l’anarchie, fe iòumcttent k Charles II , qui eût méritéles éloges que l’adulation lui prodigua dans les premiers jours de Ionrégné, si son indolence extrême & son goût effréné pour les femmes& les plaisirs ne lui euilènt fait négliger les devoirs de la royauté ,pour consacrer sa vie aux attraits de la volupté. Cependant les abusqui s’introduifent dans l’administration, excitent des mécontentemens ; Char-les, pour prévenir de plus grands désordres, entreprend de se rendreabsolu. Les mesures qu’il prend, divisent les esprits; deux factions feforment, également animées par une haine mutuelle: Charles plus heu-reux, mais non plus éclairé que son prédécesseur, fait respecter ses droits,meurt fans enfans légitimes, & la Couronne passe fur la tête du Ducd’Yorck, son frere.

Jacques II, par son zele excessif pour le Catholicisme ne tarde pasà perdre faffection de fes peuples. Peut-être même eut-il subi le fortde Charles I, si la Grande-Bretagne eût produit un second Cromwel.Les Anglois moins implacables dans leur ressentiment, fe contententd’inviter Guillaume III. Prince d’Orange , Stadhouder de Hollande,& gendre de Jacques, à prendre le sceptre qui s’échappoit des mainsde son beau-pere. Jacques forcé de renoncer à la couronne & de sor-tir de, la Grande Bretagne, va chercher un asyle en France, & P An-gleterre , menacée des plus grands malheurs & d’un changement totaldans la religion, volt se dissiper fans éclat forage qui s’étoit formé.

Guillaume conserve le Stadhouderat de Hollande avec la couronned’Angleterre ; mais les Anglois qui l’avoient appellé, cessent de l’aimerdès qu’il devient leur maître, & lui font essuyer mille désagrémens, par-ce qu’ils ne peuvent se faire à fes maniérés fieres, austères & flegmatiques,qui cachoient une aine ambitieuse, avide de gloire & de puissance.Quoique le succès ne couronne pas toujours ses entreprises, & que lavictoire ne suive pas toujours fes drapeaux, le régné de Guillaume passepour un régné glorieux ; il l’eût été bien davantage, fl la mort inat-tendue qui le frappa en 1702, lui eût permis de remplir les grands pro-jets qu’il avoit formés.

Anne Stuart, belle-sœur de Guillaume, lui succède, & suit dans tou-tes fes parties 1 e plan de son prédécesseur. On peut regarder son régnécomme le tems le plus brillant & le plus glorieux de l’Angleterre, soitpar l’éclat des victoires que cette illustre Souveraine remporte, soit parl’importance de ses négociations, ses érablilsemens de commerce qu’ellefonde, soit enfin en assurant la réunion de l’Ecoíse à l’Angleterre, pourne faire désormais qu’un Royaume & qu’un Parlement. Malgré son entier

dévouement