D*ANGLETERRE, Liv. XXXIV. $37
dévouement au bien public, Anne. essuye de grandes mortifications de la Hijî. à'Sa-part de ses sujets, & cette Princesse infortunée meurt de douleur de s’être cteterre.vu contrainte d’ordonner l’asiàiQnat d’un frere qu’elle aimoit. Introd. .
George 1 , son successeur, ne- tarde point à la venger de l’ingratitude ™
qui l’avoit persécutée. 11 commande en maître qui veui être obéi, ≤Parlement sc soumet. ' Sa rigueur excite quelques mécpntens ,dls osentsusciter des troubles & soulever les partisans du Prétendant; . ; Georgearrête dans leur source ces mouvemens séditieux, fait saisir ies chefs desmécontens, & fans égard pour leur rang & leurs services, inaccessibleLux sollicitations, il les fait tous périr fur l’échaflfaud. Cet acte de sévé-rité répand la terreur, & les Ànglois étonnés rentrent dans l’obéssiànce,moins soumis qu’intimidés, moins attachés à George par les liens de latendresse qui unit des sujets libres à leur Souverain, que par la craintequ’íl fait leur inspirer. Cependant le peuple n’ob’éiílànt que forcémentaux loix d’un Prince aussi austere, aussi despotique, aussi avide queGeorge, désire avec impatience de voir regner son fils, qui né avecun esprit doux & modéré , un cœur généreux , une ame bienfai-sante , fait paraître dès son jeune âgé les vertus les plus solides & desqualités opposées à celles de son pere. A son avènement au trône,
George II ne trouve que les dispositions les plus favorables; les partis, lesfactions qui pendant tant d’années- avoient agité le Royaume, semblent neplus se souvenir de leurs anciennes divisions; à peine on distingue leWigh du Tory, & celui-ci du Jacobite: ils ne se signalent que par leuramour pour la patrie, & leur attachement à leur Souverain. Par la sa-gesse de ses négociations , George rétablît la concorde entre les Maisonsde Bourbon & d’Autriche; mais il ne peut parvenir à arrêter dans sonorigine la guerre sanglante & ruineuse, dans laquelle l’Angleterre s’engageaavec tant a imprudence pour l’objet le plus mince, & qui paraît n'avoirëu d’autre cause, que l’inconstance naturelle des Anglois, leur hauteur& le désir immodéré de dominer dans les deux hémisphères. Nous ver-rons qu’au mépris des Traités qui interdisoient à tous les vaisseaux étran-gers les côtes de la domination Espagnole dans les Indes Occidentales,les Anglois s’exceptant de la loi générale, firent avec les habicans decette contrée un commerce clandestin très préjudiciable aux Espagnols.
Ceux-ci s’opposcnt de toutes leurs forces à la descente des vaisseauxétrangers fur les côtes. Les Anglojg se prétendant insultés, commencentpar des actes d’hostiìité, qu’ils ratifient ensuite par une déclaration deguerre, & cette malheureuse contestation, élevée âu fond de l’Amérique,embrase bientôt l’Europe entiere. Les Anglois ne sont point heureuxdans leurs expéditions; mais ni les suites funestes de l’échec essuyé à Fon-tenoy, ni les mécontentemens du peuple, ni les découragemens mêmede soh armée ne peuvent ébranler la fermeté de George II. On verraavec quelle chaleur, quel héroïsme de générosité, cë Prince bravant lescaprices de la fortune & s’exposanc k tous les risques, défend & soudentla cause de ses Alliés , à laquelle il sacrifie jusqu’aux subsides que leParlement lui accorde pour ses besoins particuliers; avec quel enthousiasmeles Anglois signalent, dans ce tems orageux, leur patriotisme & leur
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