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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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U,

Descrip-tion de laGrandeTartarie;NationsTurquesqui Phabi-tent &c.

Rempart

■Kferveil-

leitx.

Les Olg-hars.

14 HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. II. Chai*. L

(Alains), d’où il se rendit auprès d s Fila Shah, qui leur donna cinq guides.Au bout de vingt-sept jours de marche ils parvinrent aux frontières du( Pays de Besejert (*), & entrerent dans des terres noires qui scntoient fortmauvais ; ils y voyagèrent pendant dix jours, en se servant de parfums pourse garantir des odeurs malignes. 11s continuèrent leur voyage pendant unmois par un pays désert, où ils rencontrèrent les ruines de plusieurs villes,que les Tajûj & Majûj a voient détruites. Après avoir marché encore sixjours ils arrivèrent aux châteaux qui font proche du Mont Kokaiya, à l’ou-- verture duquel paroît le rempare. Ceux qui étoient dans les châteaux par-loient.Persan & Arabe : il y avoir auffi une ville dont le Roi s’appelloicKhakban Odhkos ; les habitans étoient Musulmans, & avoient des Temples& des Ecoles.

De cette ville ils allerent voir le rempart, éloigné de deux milles : ilstrouvèrent une Montagne où l’on avoit creusé un folle de cent-cinquantecoudées de large, & dans le Canal une porte de fer, haute de cinquantecoudées, soutenue par de grands appuis, avec un rempart de fer,surmontéde tourelles de fer auffi hautes que le sommet de la montagne, dont onconçoit par-là la hauteur. Le Lecteur peut juger par celle de la porte, dela grandeur des battans, des linteaux, du seuil, auffi bien que de celle desverrouils, de la serrure & de la clé, dont le voyageur fait la description,l.e plus curieux de tout, c’est que tous les Vendredis le Gouverneur deschâteaux, accompagné de dix autres à cheval, vient à la porte, frappe lesverrouils trois fois avec un marteau, qui pese cinq livres, & écoutant en-suite il entend une espece de bruit sourd, d’où il conclut que les Tajûj(k Majûj sont renfermés dans leurs limites. On raconta à Saìam, qu’ils semontroient souvent au haut des tours du rempart, & qu’un grand vent enavoit une fois jette trois par-dessus, qui n’avoient que trois palmes dehaut (f). Salam retourna à Samarcande , en passant par les villes de Lokman ,d 'Aaraban , de Ber/ajan & de Taraz , après avoir mis deux ans & quatremois à son voyage.

Les Olghars occupent des montagnes inaccessibles, fur lesquelles ils ontdes châteaux bien défendus, dans lesquels les Rois sc fortifient & conser-vent leurs provisions. Le principal, qui est la Capitale de ì’Qlgharic, Rap-pelle Hiycrn, Au pied de la montagne fur laquelle il est bâti, du côté duMidi, coule la grande Riviere de Rudha (f), qui a son cours vers l'Est; < 5 î

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f*) Peut - être faut - il lire Beshhert ou Bas kir , Peuple du Kipiak, fur les confins desterres de Russie. Quoi qu'il en soit, comme le voyage ^étoit dirigé vers le Nord, il est in-concevable que Mr.- Bayer ait pu supposer que Y Lan soit Lahijan dans le Ghilan; & queBefejtrd est' Besa ou Phasa , i’ancienne Pafagartle , au Sud-Ouest de Persepolis; comme si lePays des Tajûj & Majûj, en Tartarie , étoit au Sud-Ouest de Sar r a Manray , au lieu duNord-Est ;, ou que pour íe rendre à B.esa, au-lieu de marcher tout droit au Sud tournant àl’Est, il falloit faire le double de chemin au Nord, en allant à Tefiis, & retourner ensuitevers le Sud-Est, pour se rendre dans cette ville.

(t) Les Orientaux ont plusieuYs Traditions de cette efpecé, reçues depuis longtems, &fondées fur de$ témoignages du même poids, que le Vulgaire ignorant croit comme arti-cles de foi.

(j) Ce nom paroît dérivé de Ruclb , mot Persan qui signifie une riviere.