Section
IV.
Histoirerie• TurcsytsquàGenghiz*can.
Appellêspar desRebelles.
42 HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. II. Chap. I.
tres ; car, comme ils étoient bien faits, & qu’ils passoient pour vaillans,lesCalifes, & à leur exemple les Princes qui se rendirent indépendans d'eux,firent acheter un grand nombre de jeunes Esclaves Turcs, qu'ils firent éleverdans leurs Cours, & dont ils composèrent des Milices, qui se révoltèrentsouvent & déposèrent même les Califes. Leurs Chefs devinrent à la lon-gue non seulement les Maîtres du Califat & des Califes , à qui ils ser-' voient de gardes (a) , mais ils établirent auffi de grands Etats dans le Kho-rafan, le Karazm, TEgypte & même dans les Indes, comme nous savonsrapporté ailleurs (h).
Pour revenir aux affaires des Turcs chez eux, en Tannée 894 , Ismaëlle Samanide , qui, s’étant révolté contre le Calife, avoit fondé un Royau-me dans le Mawaralnahr & le Khorasan , entra dans le Turqueítan, bat-tit le Khan, le fit prisonnier avec dix - mille des siens, & s’empara de sestrésors. Quelque tems avant fa mort, arrivée en 909, il fit une autre ex-pédition de ce côté-là, & subjugua plusieurs Provinces (c).
Les Turcs se tinrent , semble-t-il , chez eux jusqu’au régné de Nûh filsde Manfûr, sixième Roi de la race des Samanides, qui monta fur le Trô-ne T an de lTIégire 365 (*), & de notre Seigneur 975. Ce Prince, quipossédoit tout le Mawaralnahr & le Khorasan , donna le Gouvernementde deux Cantons considérables à deux freres nommés /Jbuali & Fa'ékb.Ces deux Seigneurs s’étant brouillés, le second se révolta, & sautre imi-ta bientôt son exemple ; ils invitèrent KaraKhan, ou, suivant Teixeìra ,Bùkra Khan , Roi du Turqueítan, de venir attaquer les Etats de Nûh (f).Le Khan les joignit, & ayant mis f armée de Nûh en déroute, il prit Sa-marcande & Bokhara, pendant que Nûh raffembloit de nouvelles troupes.Kara Khan étant tombé malade , ses Médecins lui conseilleront de retour-ner dans le Turqueítan, mais il mourut en chemin.
Les deux freres rebelles ne laifferent pas de se soutenir, & leverent degrandes forces, avec le secours des Princes voisins. Mais Sabcktekin, fa-meux Général de Nûh étant revenu en ce tems-là victorieux des Indes, leRoi marcha avec lui contre les Rebelles , & après un combat, où la vic-toire fut bien disputée, les défit (V).
Après cette bataille Nûh , à la priere de Sabektekin , donna à Mahmûd ,fils de ce Général, le commandement de ses armées, & R rendit à Bok-hara. Sabektekin alla à Gaznin, Province du Khorasan, dont Gazna est iaCapitale , & Mahmûd. à Nisabûr , d’où Abnalì & Fa'ûkh, qui s’y étoientretirés, s’enfuirent; ayant néanmoins levé de nouvelles troupes, ils chas-sèrent Mahmûd ; mais celui-ci rallia les siennes, & son pere Sabektekin Tétantvenu joindre, ils battirent les deux freres à leur tour. /ibualì rentra alors dans
le
(a) Voy. Uffcrbclot, art. Turk , p. 898. CO Mirkbnnd , ubi sup. p. 255 & su fr.
(/;) Voy. THistoire des Arabes. jyUerbelot, art, Nouh Ben Maujbur ,p. C7y.
(c) Mirkbond ,l> c P- l 9 l > 206, 237 > 239.
(*) D'IIerbelot, par abus, ìnet cet événement vingt ans plus tard , & quoique Teixcira.n e marque pas la date de tous les faits, il paroît plus exact dans celles qu’il indique.
(f) Selon D'Herbeht, ces troubles commencerait vers Pan de l’Hégire 371, de J. C. 981.