HISTOIRE GENERALE ELS TURCS. Liv. II. Ciuv. 1 . 51
SECTION y.
CaraStere des Turcs avant le teins de Genghizcan; examen Se deux queJUons }s’ils descendaient des anciens Scythes, & fi les Tartares d aujourà hui
descendent d’eux.
A p r e's ce que l’on a dit des anciens Turcs & de leur Histsire, il estnaturel de parler auíìì des Mœurs & des Coutumes de cette Nation ;mais nous n’avons que des Mémoires bien imparfaits fur cet article. LesHistoriens Byzantins , que nous avons déja cités, n’en parlent gueres, ocencore par occasion ; ils disent , par exemple , que les AmbassadeursRomains trouvèrent Difabule fous une tente, dans une chaire ou chariotà deux roues (a); qu ils av oient coutume de se raser la barbe en signede douleur, & que Toxandrc exigea que les Ambassadeurs le fissent a 1 oc-casion de la mort de son pere (b) ; que pendant la cérémonie des func-railles il commanda de tirer quatre Huns de prison, & de les conduireau tombeau de son pere, où il les fit massacrer avec les chevaux du Prin-ce défunt (c); qu’ils respectaient le Feu, l’Air & l’Eau, & chantoientdes hymnes en i’honneur de la Terre; qu’ils n’adoroient néanmoins qu’unDieu, Créateur du Ciel & de la Terre, & lui sacrifioient des chevaux,des bœufs & des moutons ; & enfin qu’ils attribuoient à leurs Prêtres quel-que connoìssance de l’avenir C d).
II paroît par la relation de Rubruquis Sc par celles d autres Voyageurs,qui ont été en Tartarie dans le treizième siecle , aussi bien que par lesHistoriens Orientaux qui ont écrit la Vie de Genghizcan, que c’étoient-
là aussi les usages des Mogols & des autres Tartares, du tems de ce Con-quérant.
Les Historiens Grecs qui nous apprennent ces particularités, ne di-sent rien du caractère des Turcs; mais on peut aisément suppléer à leursilence par les Auteurs Arabes & Persans, chez qui le nom de Turc passeordinairement pour un Bandoulier, un Voleur. Hafez, Poëte Persan quivivoit dans le quinzième siecle, parlant de quelque chose de fâcheux, duqu'elle ravit à nos cœurs la patience & le repos avec autant de violence que lesTurcs ou les Gueux font les mets d'une table bien garnie. Ce qu il y u deplus surprenant, c'est qu’on lit un distique eu Langue Turque, qui porte,que quand même un Turc ou un Tartare excelleroit en toute forte de Sciences ,1abarbarie demeure toujours enracinée chez lui. On peut voir dans 1 Histoiredes Califes, jusqu’à quel point le sang des Turcs étoit réputé indigne d’ê-tre mêlé avec celui des iibbaffides, lorsqu’il fut question de donner unePrincesse de cette Maison en mariage à Togrol Beg , premier Sultan de la■dynastie des Seljucides.
Mais ce qui prouve que tout cela.au moins en grande partie, étoit un
ester
(«) MenaitJre, C ’
C) líkm > C. XlX.
SaerioN
V.
Cara&eredes Turcsavant
Genghiz-can > &c.
Coutumesdes an-ciensTurcs^
Purement
Tarres.
Mauvaiscara&ereque leurattribuentles Arabeso? les Per-sans.
XIII.
(c) Hem , ibid.
(■'/) Sìmcattc, Liv. VII. C. S.G 2