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17 (1761) L' histoire générale des Turcs et des empires qu'ils ont fondés dans la Tartarie et dans l'Asie Mineure: celle des Mongols et des Tartares depuis Jenghiz Khan, de l'empire fondé par ce conquérant, et de ses successeurs dans le Mogolistan, dans le Kipjak, dans la Taratarie Crimée, dans la grande et dans la petite Bukharie, et dans l'Iran ou la Perse en général
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V.

CaractèreSes TurcsavantGenghiz-can, &c.

Ëftimésàeause deleur bonnemine.

Menaientoriginai-rement u-j te vie er-rante.

§r HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. II. Chap. I.effet de la prévention, c’est un Proverbe des Persans, qui dit, que quandm Turc seroit Doseur de la Loi Musulmane, on peur le tuer sans scrupule.Les Arabes & les Persans haïssent les Turcs, à cause des grands domina-ges qu’íls en ont reçus pendant plusieurs siécles, non seulement par leursincursions, quand ils sorcoient comme des essains de Tartarie, mais auífipar les troubles qu’ils ont causés parmi eux. Pour bien entendre ceci, ilfaut savoir que Motasem , huitième Calife Abbatìide, Shebahaddin, Sultande la Dynastie des Gaurides, AI Malec AI Salch , Sultan de la famille d’A-yub en Egypte, & plusieurs autres Princes d’Asie, firent acheter un grandnombre de jeunes r sclaves Turcs les mieux faits, qu’ils firent élever dansleurs Cours à peu près de la même maniéré que l'on fait aujourd’hui lesJanissaires chez les Turcs. Ces Princes en formerent des milices, com-me on J’a déja dit, qui non feulement se soulevèrent fréquemment & dé-posèrent les Califes, mais enveloppèrent l’Ëtat dans de cruelles guerres,& traitèrent les habitans de la façon la plus outrageante (a).

Voilà la véritable source de la haine implacable que les Arabes & les Per-sans portent aux Turcs, qui ont été toujours, il faut j’avouer, d’un ca-ractère séditieux & insolent , comme ils le font encore par - tout où ilsfont les maîtres , quoiqu’assez humbles où ils n’ont pas le pouvoir enmain. Ils n étoient pas cependant à tous égards aussi méprisables ni austibrutaux que leurs ennemis les dépeignent. La bonne mine de ces jeunesEsclaves plaisoit aux Persans, enforte que Hafez lui-même, après en avoirparle si defavantageufement. prétendoit que le mot de Turc signifioit unhomme bien fait, & qu’il fut si charmé d’un de ces jeunes gens,qu’il ditdans son Divan ; fi je pouvois gagner les bonnes grâces de ce Turc de la villede Shiraz, je donnerais pour la moindre de ses saveurs les villes de Samarcande& de tíokhara {b).

Les Auteurs divisent les Turcs en deux classes , eu égard à leur genrede vie; les uns habitoient dans des villes, & avoient des demeures fixes;les autres fous des tentes, & menoient une vie errante, comme les Bé-douins Arabes: les Turcs les appellent Guchgunji Atrak & Konar Kocher ;ce qui emporte une façon de vivre de voleurs, fans habitation fixe (c).C’est de ceux-ci que font descendus les Turcomans, & même le fondateurde la Famille Othomane (*). Effectivement les Turcs, de même que lesautres Peuples de la Tartarie, vivoient originairement fous des tentes enrase campagne , sans autres maisons que celles qui étoient fur des cha-riots. C’est ce qui paroìt assez clairement par la maniéré dont les Am-bassadeurs Romains dans le sixième siécle, trouvèrent Difabule campé, fousdes tentes & fur un chariot, précisément de la même façon que les Mo-gols, les Eluths, les Kalmûks 6c les Turcomans campent encore aujour-d’hui. Et nous présumons qu’on auroit de la peine à prouver que les

Turcs

(«) D'Herbelot, art, Turk , p. 893 . (D Idem ibid. Cantimir, Hist. de PEmp.

G) idem ibid. Othom. T. I. Préfac. p. 57, 58.

(*) De-Ià vient que les Arabes & îes Persans ont toujours donné aux Qlhamans & auxSeljucides le nom méprisant dc Turcornant.