66 HISTOIRE GENERALE DÈS TURCS, Liv. II. Chap. II.
Section sus, & il étoit le trente-quatrième des ■ defcendans de ce Prince.
II. Mais Mirkhond dit dans fa Généalogie de Genghizcan, que Seljûk étoit
Origine ^ race Mogole, & qu’ii descendoit de Boskin Salji , fils à' Alankawa (a).
ciâesî Mr. de Guignes , dans son Mémoire fur l’Origine des Huns & des Turcs,‘leur mri- tiré des Historiens Chinois , semble croire que les Seljucìdes avoient uné
vie en toute autre origine. II rapporte que les enfans de Tumwen llkban ou Tu-
Terse. mana Khan, imitant l’exemple de leur pere, je firent un Empire qui s’é-
-tendoit depuis la Mer Caspienne jusqu’à la Corée; que ce vaste Empire
ne put demeurer long - tems en son entier, L qu’il se divisa en deux ,l'Oriental & IOccidental, qui avoient chacun leur Khan; que l’Empiredes Turcs- Occidentaux, qui s.’ét-endoit jusqu’au Sihon ou Sir, se renditplus d’une fois redoutable àutf Rois de Perse; qu’Hormozd Eìs de KhofruAnushimah eut des guerres considérables avec ces Turcs Occidentaux; quedans ìa fuite cf’autres Turcs,de la Horde d eWhey-ke, détruisirent leur Em-pire, & en sondèrent un nouveau; & Mr. de Guignes croit que c’est deces Turcs Whey - ke que font sorties les quatre Dynasties Seljucides, quiont régné dans le Midi de i’Asie.
Selon cette hypothèse la Tribu Selgiucide ne pouvoit descendre ni à’J-frasiab Khan, ni á’Alancawa-, Mais comme ce n est qu’une simple con-jecture de Mr, de■ Guignes , & qu’il n’allegue point de preuves pour l’ap-puyer, nous ne nous y arrêterons point, pour reprendre le récit de Mirk-bond. Cet Historien nous instruit plus particulièrement fur le sujet de lafamille de Seljûk ; il nous apprend qu’il étoit fils de Dekak , Officier prin-cipal de Bigû , Prince des Tribus Turques qui habitoient dans la cam-pagne de Èhozar, ou de Kipchak , au Nord de la Mer Caspienne (*). De-kali étoit si renommé parmi ceux de sa Nation pour sa sagesse & pour savaleur extraordinaire, qu’on lui donna le surnom de Tazìalig, qui signifieun arc fort & dur à manier. Après fa mort, le Sultan prit foin de faireélever son fils Seljûk, qui étoit en bas âge; & ne doutant point que Jefils d’un tel pere ne devînt un homme courageux & brave, il lui donnale titre ou le surnom de Baffashi, qui signifie Chef ou Capitaine. A me-sure que Seljûk avança en âge le Sultan le combla de faveurs, mais il ou-blia le respect qu’il.devoit à un si bon Prince, & entra un jour dans l'ap-partement secret de son Palais & voulut voir ses femmes & ses enfans.
Bigû ayant appris cette insolence, résolut de ì’en punir sévèrement.Mais Seljûk qui en eut le vent, songea de bonne heure à éviter sa colere.11 plia promptement bagage avec tout ce qu’il put ramasser d’amis & degens attachés à fa Mailon, & ayant passé le Sihon il tira du côté de Sa-marcande (f). Belil Khan , Gouverneur de cette ville (s), à qui de pa-reils
(«) D'Herbelot, Biblioth. Orient, p. 8oi.
(*) D'Herbelot observe à cette occasion, que ces Turcs Kipcbak font les Klozariens,que les Historiens Grecs & Latins, qui parlent des guerres entre l’Einpereur Heraclïus LVofroès. appellent Acariens.
(f) C’étoit l’an de l’Hégire 375 , & de J. C. 958 > suivant le Lebtarikh , qui dit que lçmotif qui les iit partir , étoit pour chercher des pâturages.
(t) On ne dit pas de la part de qùi ;mais#n cetems-ià leMawaralnahr semble avoir été dela dépendance du Khan du Turkestan.
Ses ctvantares.