HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. H. Chap. II. 89
pourroient conquérir sur s Empire Romain, & qu 'Axait les aflìsteroit detroupes pour cela; qu’enfuite Kutlu Muse & ses fils se jetterent avec tou-tes leurs forces fur les terres de l’Empìre; que ce Prince commandoit uncorps de Turcs, qui vinrent au secours de Michel Botcniate , quand il usur-pa ì'Empire (à Tout ce récit ne s’accorde point avec celui des Histo-riens Orientaux, qui ne peuvent gueres § être trompes fur ce qui regardeun de leurs Princes , & fur ce qui s’est passé parmi eux; & suivant cesHistoriens Kotolmish devoit être mort déja depuis huit ou dix ans.
Ceci prouve, avec quelle précaution on doit lire les Ecrivains Grecs,qui ont ignoré quel étoit le Prince qui pouffa ses conquêtes au poincqu’il n’étoit qu’â quelques journées de Constantinople même ; & qui, sui-vant leur propre récit, avoit été quelque tems en personne dans 1 armeede l’Empereur. Revenons aux Historiens Orientaux.
La guerre avec Kotolmish ne fut pas plutôt finie, que I(ara Jrflan excitade nouveaux troubles dans la Province de Pârs & dans celle de Kerman.Le Sultan, pour ranger ce rebelle à son devoir, employa un de ses plusvaillans Capitaines, nommé Fadhlovieh, lequel ayant défait Kara : Arjlatieut pour récompense de ses services le Gouvernement de la Province dePerse proprement dite.
_ Ce Gouverneur ambitieux songea à se rendre maître absolu de sa Pro-vince, dès qu’il vit que son Maître tournoit du côté du Khorasan. Pourvenir à bout de son dessein, il fit fortifier un château situé dans un postetrès-avantageux , où il s’enferma' avec de bonnes troupes , & beaucoupd’argent, qu’il avoit amassé par mille concussions qu il avoit exercées dansson Gouvernement. Nezam al Molk reçut ordre de son Prince d’attaquerce château, & de lui amener ce traître vif ou mort. Tous ceux qui a-voient quelque connoissance de cette place , en déconscilloient le siégé,parcequ’ils la jugeoient imprenable. Le Vìsir cependant, quìvouloit con-tenter son Maître, investit le château, & s’avança pour le reconnoître;il ne vit paroître aucun des assiégés fur les remparts, ce qui fit compren-dre à ce Ministre que tout étoit au dedans de la place dans une assuranceaussi parfaite, que si elle n’eût pas été investie par une armée: cette sécu-rité lui donna beaucoup de chagrin ,& il auroit levé à 1 instant le siégé, 11 lahome ne l’en avoit empêché. II rélolut de faire tout ce qui dépendroit delui, & fit venir de tous côtés dans son camp des provisions & des muni-tions pour toute une année ; mais il fut bien surpris d’entendre un matinà la pointe du jour battre la chamade, & d’apprendre que le Gouverneurdemandoit à capituler. La joie qu'il en ressentit s engagea h accorder desconditions honorables aux assiégés, dont la principale fut, que le Gouver-neur demeureroit en posseffion du château, dont il feroit hommage au Sul-tan, & qu’il lui payeroit un tribut annuel, outre les présens ordinaires,■dprès que la capitulation fut réglée, le Visir fut curieux de savoir quelleraison avoit obligé Fadlovieh à une reddition si prompte, & il apprit parlm des assiégés que c’étoit parceque toutes les fontaines & les citernes.
SectioH
V.
Le régnéri’Alp Ar-slan //. -SultanSeljucidede l’iran.
Révolte
r/’Arílan.
Et deFadhlo-vieh.
que c’étoit parceque
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