92 HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. II. Chap. IL
Section qu’après cette victoire les Turcs entrerent en Cilicie & surprirent Iconie,V. la principale ville de cette Province ; mais qu’ayant appris que FEmpereurLe régné ma rchoit à eux, ils la pillèrent & sc retirerent en toute diligence ; ils/Alp Ar- furent néanmoins attaqués par les Arméniens, qui tomberent fur eux dansSultan les plaines de Tarse, les mirent en fuite, & leur enlevèrent tout le butinSeljucîde qu’ìls avoient fait.
de /Iran. Au Printems suivant FEmpereur revint encore en Asie, avec une puis-—santé armée, qu il avoit levée «St disciplinée pendant i’Hiver. Mais, con-re«/ ? Dio- tre l’avis de Nicépbore Bryenne , qui commandoit son aile gauche, & degene at- plusieurs autres de ses Officiers, qui vouloient qu’il attendît les Turcs entaque Cappadoce, il marcha à Mazekcrta, ou Malazjerd , & divisant son armée
Turcs. en deux, il en envoya une partie à C lé a t (Kellat cu Akhlat) petite ville de
l’obéissance des Turcs: il y eut plusieurs escarmouches entre les deux Par-tis, dans l’une desquelles Bqfilace, un des principaux Capitaines de FEm-pereur , fut tué, ce qui fut une juste récompense des mauvais avis qu ilavoit donnés. A la fin FEmpereur Romain Diogene , résolu d’en venir àune action générale, s avança avec son armée, divisée en trois corps,dont il commandoit le centre ( a ). Mais comme nous avons déja rapportéailleurs ( b ) la relation que les Historiens Grecs ont donnée de cette ba-taille , nous nous bornerons ici à celle des Historiens Orientaux.
Ebn Jmid nous apprend en général, que le Sultan ayant rencontréFEmpereur Romain dans un endroit nommé Zahra, le 26 du mois deDhulkaada de Fannée 463, lui livra bataille un Vendredi, & défit son ar-mée, dont une grande partie demeura sur le champ de bataille, & l’Em-pereur lui-même fut fait prisonnier (c). Mais la meilleure relation quenous ayons de cette célébré bataille, de la main des Orientaux, est celleà’Abulfarage. En Fannée 463, dit cet Historien, Romanns Diogene s(.Khondemir & les autres Auteurs le nomment Ormanus ,) marcha avec unearmée de cent-mille hommes à Malazkerd (*) dans le territoire de Kbalat.Le Sultan, qui sc trouvoit alors à Kbunaj, dans FAdherbijan, en ayanteu avis, sc hâta d’aller à fa rencontre, quoiqu’il ne pût rassembler quequinze-mille chevaux (f)- Quand les armées furent en présence, il en-voya vers FEmpereur pour lui faire des propositions de paix; mais Ro-main répondit qu il n en feroit point avec lui, à moins qu’il ne restituâtla ville de Ray ou Rey, dans l’Irak Persienne, en ce tems-là la Capitale
des
(a) Nicépbor. Bryenn. in Confiant. &c. {b) Hifl. Univ. T. XI. p. 517.
C. VI. §- 54 - (c) E-bn Amid, p. 343.
II y a de l'apparence que c’est Mazikcrie , près de Clé a t , dont parle NicépboreBryenne dans l'Histoire de Romain, Ch. V. §. z.
(f) Suivant Khomiemir , il n’en avoit que douze-miîfe , & Tannée des Grecs étoit detrois-cens-mille hommes. Mais nous préférons le récit d 'Ebn /lmid, qui donne lieu docroire qu’il en avoit près de quarante-mille ; parcequ'il parole par la relatio'n de Nicé-pbore Bryenne , qui commandoit l’aile gauche des Grecs , qu e J es Turcs étaient en suffi
grand nombre que les Romains , qui avant ta bataille avoient été divisés en deux corps.,
dont l’un aífiégeoit Cliat ou Líhalat. Voy. Nicéob. Brycnn. Hifi. de Const. Duc & dcRomain Diog. G. V. VI.