SECTION,
.VI.
Le régnéde Malek,Shah IU.SultanSeljucidede /'Iran.
II estassajsmé.
Son Ca-ractère.
102 HISTOIRE GENERALE DES TURCS. Liv. II. Ciiap. II.
Charge qu-il occupoit ètoient tellement liées h la Couronne b au Trône du Sul-tan par le'Décret éternel de la Providence Divine, que-ces quatre choses ne pour-voient subsister l’une sans l’autre. Cette réponse, quoique très-hardie, pou-voir être interprétée en bien , mais elle sur altérée par l’Envoyé, quiétoit gagné par la Sultane, déserté que le Sultan irrité au plus haut pointdéposa sur lé champ le Visir, & donna sa Charge à Taj al Molk Kami ,Chef des Conseils de la Sultane, avec ordre de faire informer des malver-sations de son prédécesseur (n).
Ahmed Ebn Mohammed, Auteur du Nighiarìstan , attribue la disgrâce duVifir à Mowiad al Molk, fils de ce Ministre : ayant été frit Secretaired'Etat il ôta à Adih, qui étoit le premier Commis de ce Département ásexcellent Ecrivain, son Emploi, qu’i! occupoit par ordre du Sultan. Ma-lek Shah fit savoir à Mowiad qu’il souhaittoit qu ’Adib fût employé, & leSecretaire répondit quil avoit juré de ne jamais se servir de cet homme,V qà’il ne croyoit pas que k Sultan voulût qu il se rendit coupable de parju-re. Le Sultan repartit en colere, fi Mowiad a juré de ne point employerAdib, pour moi je n ai point sait de pareil serment, & moins encore de con -server Mowiad dans fa Charge, & commanda en même tems d’installerAdih dans la Charge de Secretaire d’Etat, en la place de Mowiad. Celui-ci fit alors une seconde faute, il persécuta fi violemment un des princi-paux Officiers de Malek Shah, que ce Prince fit dire au Visir, quil nepouvoit pas souffrir davantage Vinsolence de ses enfans , que s'il ne la ré-primait , il feroit obligé de lui ôter le Gouvernement de t Etat. Ce fut alorsque Nezam al Molk fit la réponse rapportée ci-dessus, qui causa fa promp-te disgrâce (b).
Abulfarage dit quelle fut causée par une réponse fort insolente, qu’ilfit faire au Sultan, qui étoit très-mécontenc de ce que son petit-fils, Gou-verneur de Marwa, avoit maltraité un de ses principaux esclaves ( cj.
Quelle que fût la cause de son malheur ,-Nezam al Molk. suivit la Cour,qui partit en ce tems-là pour Bagdad: étant arrivé à Nahawand, nn Ba-thanien s’approcha de lui fous prétexte de lui demander saumoné, & cemalheureux, qui avoit été suborné par Taj al Molk . le nouveau Visir (*),lui donna un coup de couteau, dont il mourut peu après, en l’année 485de l’Hégire, 1092 de J. C. âgé de quatrevingt - treize ans, après avoirservi les Sultans pendant trente, selon Abulfarage. On porta son corps àIfpahan , où il fut enterré avec pompe.
Mirkhond rapporte que Nezam al Molk savoit à l’âge de douze anstout l’Alcoran par cœur, & que dans fa premiere jeunesse il avoit acquisune si grande connoissance de la Jurisprudence selon les principes deSha-fei, Chef d’une des principales Sectes Mahométanes, qu’il étoit l’objet
de
(«) Khondemir, ap. D'Hérbelot, p. 543. (fi) B'Herbe lot, p. 654, art. Nadbam Aart. Malek Shah. Molk.
(c) Abulfarag. Hist. Dynast. p. 237.
(*) Suivant leLebtarikb cet assassinat fut commis par ordre d t Hassan Sabab, FrincCdes Assassins.